Et c’est le téléphone en mode vibreur d’Andy, l’Américain, qui m’a réveillé ! Et je suis pas le seul : Joel aussi. Il commence à me parler, savoir si j’ai bien dormi… Et là, autant l’avouer tout de suite, commencer à parler anglais avant même de sortir du lit, c dur ! J’ai l’impression qu’une ancienne prof d’anglais vient me hanter (pas celle de l’IAE vu qu’elle était trop fictive) mais celle de la promo d’ingénieurs : Grace. Je l’imagine parfaitement entrer d’un coup dans la chambre en criant que le cours d’anglais a déjà commencé ! Heureusement, une bonne douche et tout revient dans l’ordre.
Je descends pour le petit dej’ : tout le monde a commencé : les 3 anglophones suivi d’un autre gars que je n’avais pas encore vu : c un canadien qui répond au nom de Bill. Il vient de Vancouver. Puis les 4 mecs s’en vont pour aller suivre leur stage : pour rappel, ils appartiennent tous à la même entreprise. Et ils sont là pour se perfectionner dans la réparation de carrosserie de voiture et dans la peinture. Il ne reste donc que Candy et moi. La coréenne a disparu : je saurai plus tard qu’elle est partie au beau milieu de la nuit. Je discute donc avec Candy et je m’aperçois que je comprends la plupart de ce qu’elle dit. Finalement, comprendre une australienne c pas difficile ! Elle me dit que c’est parce qu’avec des étrangers, elle parle moins vite qu’avec ses amis ! Bon dommage pour moi… Je pensais avoir progressé… Elle me parle de son pays, je lui fais part de mes connaissances : elle me donne vraiment envie de visiter l’Australie ! Et elle me dit que les français ne sont pas du tout mal vus là-bas !
Bon, c’est pas tout ça mais j’ai beaucoup de choses à faire aujourd’hui ! Pdt que Candy se prépare pour aller prendre le ferry et visiter une île sur le lac Ontario, moi je dois me concentrer sur l’ouverture d’un compte en banque. Plusieurs banques s’offrent à moi…
J’ai pas spécialement envie d’avoir mon compte dans ChinaTown. Je sais, c con mais voir toutes ses pancartes écrites en chinois de partout, ça me dissuade un peu. Donc je remonte la rue à pied, je parcours un petit quartier résidentiel désertique et j’arrive sur une artère : le croisement entre Spadina Avenue (prononcez Spydèna) et College Street.
Je tombe sur la banque RBC (Royal Bank of Canada) : allez zou, va pour celle-là ! J’ai entendu par certains qu’elle était pas trop trop mal. Allez, voyons de quoi je suis capable : vais-je savoir me faire comprendre et ouvrir un compte tout seul comme un grand ????
«Hi, I would like to open an account here». Le mec me demande alors mon passeport et en voyant mon Work Permit, il commence à dire n’importe quoi… Je comprends alors qu’il est emmerdé car il manque ma photo dessus. Ben alors ? Au service d’immigration, personne ne m’a dit d’en mettre une ! Bon, ça se finit par une prise de RDV l’après midi même à 14h. J’ai intérêt à lui apporter ma photo ! Quelle heure il est ? 11H ? Oh ben ça me laisse le temps d’aller visiter Toronto !
Mais pour cela, il me faut le « Weekly pass » pour prendre tous les transports en commun autant de fois que je veux dans la semaine. Heureusement que je suis arrivé un lundi car ils arrêtent d’en vendre le mardi ! En même temps, j’ai pas calé mon départ un lundi pour rien ! :D
Bien évidemment, mes traveller’s chèques, le mec, il n’en veut pas. Je lui lâche donc ses $20 en cash.
Maintenant, allez, c parti : direction… euh n’importe laquelle… Tiens allez, au sud : je vais m’arrêter à la station St Andrew pour voir ce que je peux y trouver. Chose dite, chose faite. Je sors à St Andrew et j’atterris dans une immense galerie souterraine. C’est le PATH. Là, des centaines de personnes déambulent dans tous les sens : ils sont pour la plupart en costard cravate et tailleur pour mesdames. Je saurai très vite ensuite que j’ai atterri dans le « Financial District ».
C’est incroyable : y’a des magasins de partout ! C’est une vraie ville underground ! Le guide du routard m’indique 10km de galeries, 1200 commerces et restaurant. C’est apparemment le plus grand complexe souterrain au monde (Guiness des records). Et pourtant, aucune extravagance, tout en simplicité. Je retrouve ici des McDo, des Burger Kings et autres. C’est le coin FastFoods des business men. De tte façon, il n’y a que ça à manger. Je continue dans la galerie, j’atterris dans un hall immense genre « siège social d’une immense banque ». Je sors du complexe et là… quelle surprise !
Moi qui aie choisi l’arrêt St Andrew au pif, j’aurais pas cru que je serais pile poil au beau milieu des gratte-ciel de Toronto ! C’est vraiment impressionnant ! J’ai même pas envie de compter les étages tellement y’en a ! Trop la flemme. Allez, zou, je prends qq photos histoire de vous les montrer un jour prochain. Puis je retourne à l’intérieur : je commence à avoir faim. Et si je gardais mes bonnes vieilles habitudes françaises ? Allez, direct au McDo !
Nickel pour passer la commande. Le hamburger est différent de celui en France… Il a le goût du 1er hamburger mangé quand j’étais petit ! Je sais pas comment l’expliquer mais ça m’a sauté aux yeux ! Comme si les suivants n’avaient plus eu le même goût ! Il faut aussi savoir que les Fast Foods ne sont que des comptoirs pour prendre commande. Pour aller manger, il faut aller au centre de l’espace où tous les fast foods se partagent les mêmes tables ! Il est donc possible de manger avec des amis sans pour autant manger les mêmes choses ! Bon ben pour l’occasion, je mange tout seul donc le problème ne s’impose pas ! Et puis, beaucoup de gens mangent tout seul ici. C’est curieux…
Après avoir mangé et flâné encore un peu, je m’aperçois que ma montre me dit qu’il est 13h et qu’il serait temps d’aller chercher ma photo d’identité avant le RDV à la banque (oui oui, elle dit tout ça ma montre !). Je franchis le PATH, remonte les galeries que j’ai fait au début, repasse devant le McDo, repasse au niveau du hall du siège social, refranchit les galeries, contourne certaines magasins que j’avais pas vu, repasse au niveau du hall, refranchit les galeries…
Oh putain ! C’est un vrai labyrinthe ici ! Quel bordel : impossible de retrouver St Andrew ! Trop de magasins, de couloirs, de séparations entre couloirs, de virages… Mêmes les plans ne m’aident pas ! Au bout d’un bon quart d’heure, j’arrive enfin dehors à l’air libre : il me faut donc repasser à pied sur Spadina Avenue. J’arrive sur China Town via Dundas Street. Je retrouve mon auberge… Il est 13h50 ! Plus que 10 min avant le RDV !!! Merde, je vais être à la bourre !
Ouf, voici mes photos, zou, je repars, je prends le street-car qui remonte Spadina Avenue et je descends à hauteur de College Street. Easy ! :D
J’entre dans la banque qui fait l’angle : il est 14h00 !!!! Quel pro !
Là, une chinoise va me servir dans son box pour m’expliquer tout plein de trucs. Elle parle doucement, elle est gentille ! Elle me fait signer qq papiers et me donne ma carte de crédit ! Eh oui ! 1er jour à Toronto et hop, j’ai déjà ma credit card ! Enfin elle est temporaire jusqu’à réception de la vraie la semaine suivante. Trop cool. J’en profite pour déposer tous mes travellers chèques inutiles (puisque personne ne les accepte) et hop, je retire un peu de liquide.
Bon maintenant, il est temps de s’occuper de mon NAS : Numéro d’Assuré Social. Je sais pas trop ce que c’est mais bon, c obligatoire pour avoir un job alors… J’ai cherché l’adresse du Canada Centre Machin Chose qui attribue les NAS (ou SAN en anglais) le matin donc c bon : je sais où c’est : direct dans la baie de Toronto.
Streetcar, aide moi à aller jusque là ! […] Merci bien : me voici arrivé sur Queens Quay West. Le centre doit être qq part par là, au numéro 135… Je passe, je passe, je passe : ah tiens, voici le 138. J’y suis bientôt ! Je continue, je passe une série d’immeubles sans porte… et j’arrive au 130 !
Euhhhhhh, sympa mais je fais comment moi ? En face c la baie avec un port et des bateaux de pêche. Il est où ce putain de centre ?
Après avoir tourné un peu partout, je décide que qq’un va me venir en aide. Et hop, je me jette sur la 1ère venue. Il se trouve que c’est une ravissante fille de mon age qui n’hésite pas à s’arrêter pour m’aider. Trop sympa ! Je lui explique l’histoire de l’immeuble sans porte, on repart en sens inverse… Effectivement pas de 135 entre le 130 et le 138…
Et là, la fille me dit en anglais : « Ah ben tiens, j’habite pas loin, je peux demander à ma concierge ! »
Moi : « Yeah, why not, thanks ».
On discute, je devine que je suis français, elle me dit qu’elle est déjà allée en France et qu’elle adoooore ce pays ! Nous voici chez elle ! C’est loin d’être dégueu son immeuble. Pas de concierge. Je lui dis alors que c’est pas grave, j’ai l’adresse sur un site Internet, que je vais me demmerder une fois rentré à l’auberge, etc. Et là, elle m’explique qu’elle a Internet chez elle et que je peux monter chez elle si je veux.
Incroyable ! Une histoire pareille ne s’invente pas ! Elle a drôlement confiance la fille dis donc ! Elle invite le 1er venu à monter chez elle ! Et à ce moment là, une femme entre dans le hall de l’immeuble, la fille lui demande où se trouve le 135 et par (mal?)chance, elle sait où c’est. OK, merci pour tout. La fille veut m’accompagner pour me montrer où c’est mais bon, ça va, elle me pointe du doigt, je vois où c’est ! Je suis pas débile ! Je la remercie vivement ! Décidemment, les gens sont très sympas ici !
Je me dirige à l’endroit pointé… merde, je suis débile. Je trouve pas ! Par contre, je tombe sur une patinoire extérieure : c’est très joli à voir. Au passage, ah tiens, voici le 135 : ça y est : c’est un bâtiment sans étage planqué derrière des arbres.
Une fois dedans, on me donne mon NAS et hop, l’affaire est bouclée. Reste plus qu’à me balader un peu entre les buildings alentour.
En remontant Bay Street et avec l’aide du métro, j’arrive sur Bloor Street : ça tombe bien, le consulat de France est dans cette rue ! Ni une ni deux, je cherche le 130 Bloor Street West. Je tombe dessus : un immeuble bien classe. J’entre, je tombe sur un flic à l’accueil qui me regarde bizarrement. On dirait vraiment un cliché de ces buildings qu’on voit dans les films où le mec en uniforme attend à l’accueil. Là, il m’apprend que le consulat a déménagé au 2, Bloor Street East. Rahhhhh, pas envie de revenir sur mes pas ! Tant pis, j’irai demain ! Allez, zou, je suis mort, j’achète qq conneries pour ce soir et je rentre à l’auberge : d’ailleurs, il fait déjà nuit. Il doit être 17h30-18h.
Une fois à l’auberge, je tombe sur Joel qui vient juste d’arriver avec les autres. On discute un peu. On se raconte nos journées. Je me mets ensuite à l’écriture de ce présent journal. Je retrouve également une fois dans la cuisine Candy qui raconte à tous sa journée. Cool : j’ai presque tout compris ! Je raconte la mienne et tout le monde a l’air de me comprendre ! Par contre, l’Américain Andy, rien à faire : j’ai trop du mal !
A un moment de la soirée (après avoir mangé le reste de mon plat chinois de la veille), il me donne une carte de Toronto. Il m’explique qu’il l’avait acheté y’a qq temps mais que vu que j’en aurai plus besoin que lui, il me la file. Moi, j’y crois pas, je lui dis merci, c très gentil de sa part… Mais bon, je suis un peu gêné quand même. Et là, gros boulet que je suis, il voulait pas me la filer mais me la vendre !!!! J’allais partir avec la carte du genre « OK merci, c gentil, à tout à l’heure » et il me dit qu’il l’a acheté $6 mais que je peux lui donner ce que je veux. Bon, j’ai que $5 en pièce… ça fera l’affaire vu qu’il accepte. Sympa ce mec vu que j’ai essayé d’en trouver une sans succès dans le PATH. Je discute aussi avec Bill, le mec de Vancouver : son fils va aller sur Paris prochainement pour 3 jours. On parle un peu de ça, et d’autres choses. L’important, c’est de parler en anglais avec tout le monde ! J’apprends également que Candy va partir le lendemain matin pour poursuivre son tour du monde ! Dommage, c’était celle que je comprenais le mieux.
Ensuite, entre qq prises de photos, le glandage devant la télé (comprends rien à ce qu’ils disent dans NCIS) et qq discussions avec Jo (j’apprends qu’à 23ans, il a une petite fille de 5 mois), je m’aperçois que c déjà tard et qu’il est temps d’aller se pioter.
C’est parti : je me change et disparais dans mon lit : c’est la dernière fois de la journée qu’on me voit. Les autres font de même : autant qu’ils se couchent en même temps vu qu’ils partent en même temps le matin.

