A partir de ce jour, les choses vont tellement s’accélérer jusqu’à mon départ que j’ai de quoi raconter quelque chose presque tous les jours ! A commencer par le 20 et 21
Décembre, deux journées dédiées entièrement à la recherche de cadeaux de Noël. Eh oui, c’est l’époque et je constate que quelque soit l’endroit et la culture, je suis toujours autant à la bourre
et loin d’être le seul ! Noël est mardi prochain !
Mais quoi de prévu justement pour Noël ? Nous en parlions entre français depuis plusieurs semaines : comme nous n’avons aucune famille sur ce continent, l’idée est naturellement venue
de fêter ce jour si particulier entre nous (après tout, je peux quasiment les considérer comme ma famille lol). Noël est un jour important pour beaucoup (même si, ici, avec le mélange de cultures
et de religions de tout horizon, certains se sentent moins concernés) et je veux vraiment faire un repas digne de ceux que j’ai eu l’occasion de manger en France. Pour cela, il va me falloir
mettre la main à la pâte. Il va donc naturellement se décider de fêter le soir de Noël chez moi. Mes colocs étant respectivement dans leur famille, ils ne seront pas dérangés. J’ai la maison pour
moi tout seul et, maintenant sans travail, la journée du 24 pour cuisiner. Etant donné le voyage à New York qui approche à grand pas (départ le 25 au soir), nous avons préféré fêter le réveillon
de Noël plutôt que le jour même. Et concernant les cadeaux ? Comment on fait ? Difficile d’acheter quelque chose pour tous en tenant compte des prochains départs (contrainte de cadeaux
pas trop lourds, pas trop volumineux…) et du budget de chacun. L’idée sera donc la suivante : chacun va offrir un unique cadeau à l’un d’entre nous sans que ce dernier sache d’où provient le
geste. Un cadeau pour une personne. Et le mystère doit rester entier jusqu’à Noël. Les participants seront : moi, Julien, Cyril, Fabienne, Laurie et Clément (Denise sera en famille et
Thibaud a refusé le repas). Le tirage au sort a décidé que je devrai m’occuper du cadeau de Laurie.
Humm, je connais très bien Laurie mais là, j’avoue que je pêche un peu sur ce que je dois acheter. Par ailleurs, je tiens également à offrir quelque chose à Denise, une amie très chère qui va
sûrement souffrir de mon départ en Janvier (les autres aussi bien sûr, mais les français seront plus faciles à revoir que les canadiens…).
J’ai donc deux cadeaux à aller acheter en deux jours. J’ai bien une idée pour Denise : celle de pantoufles monstres qu’on trouve facilement en France et que Denise raffole. Quant à Laurie,
je n’ai pas vraiment d’idée : il va falloir me balader dans les rues de Toronto et fouiner dans les magasins à la recherche du coup de cœur. Tout seul ? Non. Sandro sera de la partie.
Il tient à m’accompagner car il a lui aussi des cadeaux à aller acheter.
C’est parti pour le Eaton Centre, le plus grand centre commercial de Toronto, décoré aux couleurs de Noël et qui s’apprête à vivre un week-end des plus chargés de l’année ! Sandro va donc me
conseiller certains magasins concernant les pantoufles mais impossible de trouver ce que je cherche. Après 3-4 magasins, je vais devoir abandonner l’idée. Passons aux cadeaux de Sandro : un
pour sa sœur et l’autre pour sa mère. Bah, il ne va pas faire dans l’original en passant par la case « Parfumerie » !
C’est d’ailleurs amusant à quel coin on est différent : absolument tous les parfums que je vais lui faire sentir seront rejetés. Quant aux siens, « Non sans façon, je n’aime pas du
tout » ! Heureusement, une vendeuse va venir nous aider et Sandro choisira les parfums qu’il jugent les plus à même de plaire. Après tout, je ne connais pas les goûts de sa famille lol.
Une chose est sûre : il est putain de rapide à trouver ses cadeaux lui ! Il a déjà tout fini et je n’ai encore rien trouvé de mon côté !
Nous allons essayer quelques magasins de jouets et de trucs rigolos mais aucun coup de cœur. Je recherche quelque chose de léger et d’amusant tout en étant un minimum pratique et qui, surtout,
plaira ! Rien à faire : je ne trouve rien du tout. Partons sur Queen St où j’avais repéré un magasin il y a quelques mois avec Laurie : elle avait adoré toute la vitrine !
Nous marchons donc en direction de Queen St jusqu’à cette boutique. Quelle déception : l’intérieur du magasin est aussi vide et inintéressant que sa vitrine est chargée. Aucun coup de
cœur.
Sandro va bien essayer de me donner quelques idées : nous allons d’ailleurs essayer un magasin qui vend des savons originaux : en forme de gâteaux avec des éclats de chocolat, des truc
gluants et gélatineux… Rigolos mais je sais pas… Pas sûr que ça marche… Mettons ça de côté au cas où…
Nous continuons notre balade… De ce moment de la journée, je me souviens surtout d’une voiture qui passe rapidement avec une fille qui hurle (et le mot est faible) la vitre ouverte :
SANDROOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!! Héhéhé, il s’agissait d’une collègue de bureau. Elle a le coup d’œil car la rue était vraiment chargée de piétons ! Bon, maintenant, tout le monde autour
de nous nous a remarqué, impossible de rester discret à présent. :D
Continuons notre recherche. De toute façon, il me faut un coup de cœur, quelque chose qui fasse tilt. Ensuite, il me faut y réfléchir à tête reposée et revenir pour l’acheter. Je suis incapable
d’acheter le bon cadeau sur l’instant comme Sandro. Nous entrons dans une espèce de magasins de T-shirts à customiser. Je trouve des articles assez rigolos… Je ne le sais pas encore mais je vais
trouver ici, LE cadeau à acheter à Laurie.
Je m’approche des accessoires pour filles et je trouve cette paire de gants assez rigolote : je les enfile et je me mets à rigoler tout seul : un vrai gamin ! Les moufles
ressemblent à un crocodile : vert fluo, deux boutons pour les yeux et de la laine rouge au niveau de la paume pour la gueule. On dirait une marionnette et les gants sont très confortables.
Je sais par ailleurs que Laurie n’en a pas et elle me disait, pas plus tard que la semaine précédente, qu’elle en avait besoin. Je montre les gants à Sandro et lui qui était resté assez sérieux
jusqu’ici, se met à glisser un petit sourire du coin des lèvres et finalement à rire.
Ce cadeau est magique : il donne envie aux gens de rire juste en voyant cette paire de crocodiles bouger à la place des mains ! Le doute persiste toutefois : est-ce que ça va
plaire à Laurie ? Est-ce qu’elle ne va pas trouver ça un peu trop saugrenu ? Sandro qui connaît maintenant Laurie me dit que ça lui plaira sûrement. Bah je décide toutefois de ne pas
l’acheter et de continuer ma balade de magasins.
Puis vers la fin de l’aprem, nous retournerons sur Yonge St et tandis que Sandro retournera chez lui, je longerai jusqu’au Nord pour visiter d’autres boutiques. Je vais notamment trouver le
cadeau pour Denise dans une petite boutique sur Yonge St : une petite figurine vietnamienne fait d’une seule et unique ficelle : chaque figurine de l’étalage est différente et
correspond à un thème précis. Le voleur, la momie, le vampire, l’épouvantail… Je vais acheter le samouraï qui contient un petit texte sur l’amitié et qui correspond bien à ce que Denise doit se
souvenir de moi.
Tout ça, c’était le jeudi. Le vendredi, après une bonne nuit de sommeil, je vais me décider à acheter la paire de moufle pour Laurie… plus un pot de Nutella ! Je retrouve Sandro pour passer
une fois de plus la fin d’après-midi avec lui. Qu’allons-nous faire ce soir ? Laurie et Fabienne ne veulent pas sortir : elles sont fatiguées. Eh bien, allons à la soirée de Randy comme
convenu ! J’explique alors à Sandro que je suis invité par un type que je connais à peine pour sa pendaison de crémaillère avec des gens que je ne connais pas du tout… Ce qui fait qu’il
connaîtra autant de personnes que quoi lol.
Il est joueur ce Sandro car il accepte : je lui dis que Julien et Cyril sera
là mais ils ne les a jamais rencontrés.
Nous quittons l’appart de Sandro en début de soirée, passons au LCBO pour acheter un peu d’alcool et allons manger vite fait au McDo du coin histoire d’avoir quelque chose dans l’estomac. Puis
retour à l’arrêt King St pour continuer à pied jusqu’à l’immeuble de Randy : il nous avait montré où il était situé lorsqu’il était allé chercher de l’alcool avant la soirée dans
l’appartement-hangar, deux jours auparavant. Après une bonne petite trotte, nous arrivons devant la porte et Julien descendra pour nous ouvrir. Cyril est également présent ainsi qu’une fille qui
prétend travailler au call-centre… Ah ok, euh, ben je ne t’ai jamais vue… (Je comprends qu’elle travaille de nuit donc on passe notre temps à nous croiser). Le plus incroyable, c’est qu’elle sait
où j’habite ! « Hein ? Euh, comment tu sais ça toi ? »… Elle me répond alors « Ben, je suis déjà venue chez toi il y a quelques semaines… ». Oh putain, c’est le
gros trou noir ! C’est bien la première fois de ma vie qu’une fille me dit qu’elle est venue chez moi sans en avoir le moindre souvenir !!!!!!!!!!!!! C’est limite effrayant ! C’est
donc l’heure de la jouer gentleman : « Ahhh ouiiii, c’est vrai pardon ! Héhéhé. » (Bon sang, c’est qui cette fille ? Aucun souvenir d’elle !). Bon, je découvrirai
plus tard dans la soirée qu’elle était venue avec David le coréen lors d’une de mes soirées… David est le genre à amener des ami(e)s à lui sans trop demander ni préciser combien il en apporte. Ça
surprend au début, ensuite, on ne fait plus trop gaffe… Moi, tellement à droite à gauche, je n’ai pas dû remarquer cette fille.
Nous entrons dans l’appartement qui s’avère relativement chic (l’immeuble est très classe, les loyers doivent être sacrément élevés ici) : une bonne dizaine de personnes est déjà là :
autant de filles que de mecs, un peu de toutes les nationalités. On ajoute ainsi un autre français et un italien. Je dis bonjour à David (le coréen) qui se met ensuite à scruter Sandro de plus
près… « Hé, je te connais toi ! ».
?!?
Je me demande bien
où David aurait pu connaître Sandro car apparemment, les souvenirs ne semblent pas réciproques. « Si si, je me souviens de toi ! Je t’ai vu en photo avec Laurie ! ». Et je
comprendrai rapidement que David a dû voir les photos de Laurie de la soirée au Plaza Flamingo du mois dernier. L’effet de surprise était toutefois réussi !
Nous allons commencer à prendre quelques verres et discuter avec un peu tout le monde. Julien et Cyril sont là et nous allons bien rigoler, l’alcool aidant bien sûr. Sandro est relativement à
l’aise et je suis rassuré : je savais que j’allais connaître 2-3 amis ici mais lui, ne connaissait personne. Mais c’est le genre de gars social que tout le monde aime. Très vite, il va
discuter avec quelques gars dans la cuisine. Parallèlement, je commence à m’inquiéter de la chinoise complètement ivre morte qui vient de s’écrouler sur le sol, complètement endormie. Plusieurs
personnes veillent sur elle : je crois qu’elle ne rentrera pas chez elle ce soir : une bonne nuit de repos dans l’une des chambres lui fera le plus grand
bien. La soirée bat son plein et tout le monde a l’air de s’amuser. Randy est toujours occupé à quelque chose et il n’est pas facile de discuter avec lui. Certain(e)s dansent au son de la musique
du DJ amateur. L’ambiance est à la déconnade. Même David va nous faire une petite démonstration de ses talents de danseur (ce mec est un ouf ! Un épileptique dansant comme un bioman sous
exta !).
Puis, au beau milieu de la nuit, après une très bonne soirée, il se fait l’heure de rentrer chez soi. Je quitte l’appart avec Sandro après avoir remercié Randy (et sans trop savoir si je le
reverrai un jour… le départ approchant). Je remarque alors que l’ami italien a bu plus qu’il me semblait. Même s’il ne le montre pas trop et qu’il est assez endurant avec l’alcool, il n’est pas
au top de sa forme. Quant à moi, après une période d’euphorie, je me sens parfaitement bien ! Sandro demande à se poser dans ce coffee-shop pour manger un sandwich. Pas de souci : nous
y resterons une dizaine de minutes et, au lieu de rentrer à pied comme à l’aller, Sandro vote pour un taxi.
Le taxi nous ramène à son appartement et je sens que je vais devoir dormir chez lui : le pauvre est tellement mal en point ! A peine assis sur son canapé qu’il commence à somnoler. Je
me dirige vers la cuisine pour sortir une espèce de bassine : « Tiens Sandro ! C’est vraiment au cas où ! Tu pourras vomir là-dedans si tu te sens mal… ça protègera ta
moquette et ton canapé ». Je pose la bassine sur ses genoux et le temps pour moi d’aller pisser dans la salle de bain lui suffira à la remplir : j’éclate alors de rire en voyant ce
pauvr’type dans son triste état ! Ahahahah !
Quel porc ! C’est dégueu ! Va falloir que je nettoie ça au plus vite
ou sinon, je ne pourrai pas dormir ici ce soir à cause de l’odeur ! Heureusement qu’il a fait ça proprement !
Après nettoyage de la bassine, j’aide Sandro à s’installer sur le canapé qu’il ne sera pas prêt de quitter ce soir, la bassine toujours à ses côtés. Quant à moi, faute de canapé, c’est dans le
grand lit King Size que j’aurai le plaisir de dormir ! Ça va changer de mon lit ou plutôt de mon matelas posé au sol !

