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Flames to dust, lovers to friends
Why do all good things 
come to an end
Flames to dust, lovers to friends
Why do all good things 
come to an end
come to an end come to an
Why do all good things 
come to end?
come to an end come to an
Why do all good things 
come to an end?

Nelly Furtado - All good things

nellyFurtado.jpg










Feel the rain on your skin
No one else can feel it for you
Only you can let it in
No one else, no one else
Can speak the words on your lips
Drench yourself in words unspoken
Live your life with arms wide open
Today is where your book begins
The rest is still unwritten


Natasha Bedingfield - Unwritten

Vendredi 4 janvier 2008

Le dernier jour… Qu’est-ce que ce titre peut me faire déprimer ! Et pourtant, c’est bel et bien le cas : je m’apprête à passer mon dernier jour entier sur Toronto ! Décrire l’état dans lequel je me trouve au réveil (enfin, en dehors du fait que je ne suis pas très frais le matin) en ce jour est assez difficile : je ne sais pas à vrai dire. Je ne réalise pas vraiment mais je sens que quelque chose de grand va bientôt s’achever. Ce qu’il faut savoir, c’est que toutes les inquiétudes et le stress liés à mon départ (dont je fais mention tout au long de ce blog) sont peu perceptibles par quiconque autour de moi : disons que je fais énormément d’effort pour ne pas les montrer et tâcher de paraître « comme d’habitude ».

Pourquoi un tel comportement ? Tout d’abord, pour relativiser : en effet, ça peut être vu simplement comme un « retour au pays »… C’est pas comme si je cessais subitement toute communication ou s’il était question de vie ou de mort ! La seconde raison est la suivante : en restant naturel et en profitant de la journée comme si c’était « une parmi tant d’autres », je vais pouvoir m’en persuader inconsciemment. En gros, dès que je suis entouré de personnes, tout va bien mais dès que je suis seul, tout le stress du départ revient au galop.

J’ignore toutefois en ce début de matinée que la journée va être très longue et que je vais vraiment en profiter à fond. Il est 7h du matin et je me prépare à accompagner Sandro. Où ça ? A son taff ? Nan, car il a pris une matinée de congé. Nous avons RDV au tribunal. Comme cela ne me regarde pas (et encore moins les lecteurs), je ne m’étalerai pas sur les raisons du pourquoi on va au tribunal. Résumons simplement les faits à : « Sandro a fait une petite connerie (rien de bien grave toutefois) y’a quelques mois, il doit se présenter au tribunal et moi, je l’accompagne pour qu’il ne soit pas seul et pour découvrir le monde judiciaire canadien ». Décidemment, l’aventure aura été riche jusqu’au dernier jour !

Il est hors de question d’arriver en retard et habillé n’importe comment ! On ne rigole pas avec les juges ! Une fois prêts, nous quittons l’appartement et prenons notre métro (dois-je encore préciser le passage à Tim Hortons ? héhéhé) jusqu’à l’extrême nord de Toronto : station Finch. Une correspondance en bus vers l’Ouest et nous voici sur la rue… Finch ! C’est la banlieue Nord de Toronto : rien d’exceptionnel à regarder dans les rues. Par ailleurs, nous nous approchons des quartiers craignos et qui ressemblent à des ghettos. Sandro me pointe du doigt le centre commercial sur notre gauche : « Tu vois ce Mall ? C’est là où il y a eu le plus d’homicides sur Toronto en 2007 ! Des gens qui se faisaient tirer dessus lors de leur shopping ! ». Glauque !

Après 20 bonnes minutes de bus, nous descendons à l’arrêt voulu pour nous retrouver face à face avec le tribunal du district. Nous entrons dans le petit bâtiment et des flics nous demandent poliment de montrer patte blanche au travers des détecteurs de métaux et autres arches à traverser. Nous sommes maintenant dans un long couloir avec de multiples portes et des bancs sur lesquels beaucoup attendent leur tour. Un bref coup d’œil sur toute cette population et je distingue rapidement sa catégorie sociale. Vivre dans le DownTown nous fait parfois oublier la misère et les mauvaises conditions de vie de certains : la plupart des gens présents ici ont des allures de drogués, de jeunes sortis de leur gang, de losers ou de mecs pas très clairs. Quelques personnes en costard se distinguent du lot. Impossible de savoir si leur cas est plus grave que celui des autres.

Je sens la pression monter chez Sandro : il ne plaisante plus comme il a l’habitude de le faire, il reste concentré et ne la ramène pas trop. Je l’encourage en lui disant que tout devrait bien se passer et que ça n’est presque qu’une formalité. On sait très bien ce que les juges vont dire : report d’audience. C’est tout. Il n’empêche. Je sens que j’ai bien fait de l’accompagner et de ne pas l’avoir laissé tout seul ici. Nous allons entrer dans un bureau et discuter avec une femme… j’ignore complètement ce qu’on y a fait ni qui elle est. Faut dire que je ne connais pas bien l’administration judiciaire canadienne et Sandro me paraissait trop stressé pour m’en faire une synthèse.

Puis nous retournons dans le couloir et approchons de la bonne porte… celle qui donne vers une salle de tribunal comme il en existe plein. Après une attente de quelques minutes, nous entrons. Et là, je découvre que ça ne va pas se passer comme je me l’imaginais : je pensais à un conseil réunissant quelques juges et nous deux… bref, quelque chose d’intime et privé. Non non non : bien au contraire, il semblerait qu’il s’agisse d’une session publique. Une bonne dizaine de personnes est déjà assise sur les bancs. En face de nous, des gars qui semblent être des avocats préparent leurs discours et papotent avec leurs collègues.

Sandro et moi nous asseyons sur le premier banc à droite et patientons. Arrivent alors différents juges et tout le monde se lève pour les accueillir. Le silence se fait et la séance peut commencer. Elle sera ponctuée de l’arrivée de plusieurs retardataires (humm, pas bon pour leur cas). Comme je le disais, la séance est publique et nous allons pouvoir assister à tous les cas avant celui de Sandro : voici comment le processus se déroule : un vieux bonhomme assis au dessous des juges (eux-mêmes très surélevés comme dans les films) et particulièrement de mauvaise humeur appelle un « candidat ». Celui-ci se lève et s’approche du centre de la pièce pour se retrouver face aux juges. S’il possède un avocat, alors ce dernier va prendre la relève et dire des trucs que je ne comprendrai pas : d’une part, parce qu’il me tourne le dos et d’autre part, car son discours est ponctué d’un jargon juridique anglais que je n’ai pas spécialement assimilé. Si l’accusé n’a pas d’avocat, il va faire sa propre défense (à ses risques et périls). Globalement, cette session a pour but de faire le point sur l’avancée de chaque dossier et de planifier la date d’un prochain rendez-vous. En moyenne, chaque personne passera 5 minutes à la barre avant de remercier les juges et de quitter la salle.

Vont ainsi passer à la barre de nombreuses personnes de milieux différents : un black de 40 ans complètement paumé, un blanc à la sale gueule et habillé avec un jean noir de crasse et très déchiré, un groupe de 3 jeunes latinos… Ces derniers, sans avocat, vont se faire particulièrement lyncher par le gros bonhomme de mauvaise humeur (avez-vous l’acteur qui joue l’oncle de Harry Potter dans les films ? Même genre de gars) : difficile de comprendre le contexte car il n’est pas rappelé en début d’examen du dossier. Toutefois, je comprends que la dernière fois que ces jeunes avaient été convoqués, on leur avait exigé de remplir un certain dossier et de faire la demande d’un avocat gratuit. Rien n’a été fait et le gros monsieur commence à élever la voix et à les incendier. Les 3 jeunes, complètement penauds, ne disent rien… mais se feront douloureusement ôter les maux de la bouche. Pendant ce temps, Sandro me murmure à l’oreille : « Mate le jeune sur la droite, regarde sa poche arrière droite ! ». Je regarde mais rien ne me saute aux yeux : un simple mouchoir rouge (ou bandana ?) qui sort légèrement de sa poche. « C’est le signe d’appartenance à un gang ! Ils ont sûrement fait une sacrée connerie pour être là tous les trois ! ».

Un peu avant le passage des latinos, un appel a eu lieu durant lequel personne de l’assemblée ne s’est levé. Je regarde un peu autour de moi pour essayer de deviner qui va venir au centre de la salle quand soudain, j’entends une porte s’ouvrir derrière les juges, sur la gauche : un flic entre dans la pièce accompagné d’un prisonnier attaché. Il est habillé comme dans les films avec sa tenue de bagnard, les mains menottées à l’avant. Le policier l’emmène s’asseoir dans une bulle vitrée qui servira de protection entre le public et le prisonnier. On se doute bien que ce gars-là n’a pas l’air commode ni heureux d’être là. Mais il reste paisible face à ceux qui pourraient faciliter ou aggraver sa vie actuelle. Puis après un verdict rapidement expédié, il sera reconduit dans les coulisses.

Après le passage des 3 latinos, le gros bonhomme énervé s’écrie haut et fort : « Monsieur Sandro XXXX ! ». Ah, ça y est, c’est son tour ! Sandro se lève et se dirige vers le centre, face aux juges. Le gros bonhomme lui pose quelques questions sur son cas et Sandro y répond calmement. Après 2 minutes de dialogue, la sentence est prononcée : report d’audience ! OK, bah c’était bien ce qui était prévu !

Nous quittons tous les deux la séance et, après avoir discuté avec des conseillers juridiques, nous quittons le tribunal. Sandro est soulagé mais il doit apparemment se démerder pour prendre un avocat. On lui a conseillé d’aller à une certaine adresse dans le DownTown. Nous voici maintenant dans le bus. J’en profite pour proposer à Sandro de se joindre à moi et à mes amis pour un ultime resto et une soirée dans un bar ce soir. Je lui explique également que je ne vais pas l’accompagner dans sa recherche d’avocat : je dois maintenant retrouver Julien pour retourner au call-centre qui se situe pas très loin de Finch. La raison de mon retour au boulot est double : avant ma démission, on m’avait promis une lettre de référence (qui pourrait me servir autant en France qu’ici dans l’hypothèse où je reviendrai un jour) mais bien évidemment, ça n’avait pas été fait et on m’avait demandé de revenir en Janvier pour la récupérer. Julien et moi avons passé un coup de fil hier pour prévenir de notre retour aujourd’hui. Quant à la seconde raison, c’est tout simplement pour dire au revoir à toutes les personnes avec lesquelles j’ai été heureux de travailler.

Je quitte ainsi Sandro à la station de métro York Mills pour attendre Julien devant la gare des bus. 15 min plus tard, Julien arrive et nous prenons l’habituel 122 pour retourner sur les « lieux du crime ». :) Je suis persuadé que la lettre ne sera pas prête et qu’il va falloir pousser un coup de gueule en expliquant que je pars demain. Nous entrons et passons devant David (le Québécois) qui s’arrête net : surpris et très heureux de nous revoir ! Laurie se jette sur nous (même si on s’est vu récemment) et nous continuons notre procession au sein de la salle principale. Notre retour fait comme l’effet d’une bombe : certains nous dévisagent comme si on revenait à la vie. Julien et moi commençons notre petite ronde de « Bonjour, bonne année, au revoir ». Ça me fait vraiment plaisir de revoir certaines personnes… et également plaisir de voir la tronche de ceux qui ne nous aimaient pas héhéhé. J’ai envie de leur balancer : « Eh ouais, on est de retour ! Ça vous fout les boules hein ? ».

Nous pouvons ainsi retrouver Chanthy, Kharee, Amalia, Garnett, et bien d’autres. Plus tard, nous allons saluer Muffine qui s’écrie alors « Hey, j’ai vos lettres de références ! Dites moi si elles vous plaisent ! ». Génial ! Bah comme quoi, dès que je suis médisant, ça se retourne contre moi ! Je dois bien l’admettre. En tout cas, j’ai pu lire la lettre écrite par Muffine et je suis bluffé : elle est vraiment parfaite ! On ne pourrait rêver meilleure lettre de référence ! Merci beaucoup Muffine ! Inutile de changer le moindre mot ! Je suis d’ailleurs touché qu’on puisse écrire autant de choses élogieuses sur moi. Je ne voudrais pas non plus que ça devienne une habitude car sinon, je vais choper la grosse tête lol. Mais merci beaucoup. Je vais également pouvoir récupérer ma dernière paye. Yeahhhh. Avec les congés non pris qui s’accumulent, je peux dire que ça fait plaisir !

Julien et moi allons continuer notre tournée de bisous, câlins et autres pendant un bon petit moment. Ça sera également l’occasion d’échanger des adresses emails. Hop, un autre câlin à ma chère Chanthy qui me semble très triste de se séparer de nous deux.

A nouveau près de Laurie, j’apprends que cette dernière a motivé plusieurs personnes pour nous rejoindre ce soir. Bah d’ailleurs, quoi de prévu exactement ? Car je ne me suis finalement occupé de pas grand-chose… J’apprends alors que le resto est prévu en petit comité et que l’enchaînement dans le bar sera l’occasion de boire un dernier coup avec moi. Laurie m’explique qu’elle est en train de motiver les troupes pour venir au bar. Il s’agira du Madison, un bar très connu maintenant : il est près de chez moi (5 minutes à pied) et j’en ai parlé maintes fois dans ce blog : c’est l’un des premiers bars que j’ai testé, l’un des plus grands (il est construit sur 2 maisons et est toujours plein à craquer) et un où j’ai passé d’excellents moments. Kharee me dit qu’il va tout faire pour venir… en espérant qu’il pourra faire garder sa petite de quelques mois. Clément et Thibaud promettent également de venir. En même temps, je ne leur demanderai pas leur avis ! C’est un ordre ! Héhéhé. Il faut à tout prix que je trinque avec eux une dernière fois !

Je vais finalement terminer ma tournée avec mes managers et la responsable RH, Orphia, qui me réexplique que je serai toujours le bienvenu dans le call-centre. C’est gentil.

Julien et moi sommes maintenant prêts à partir. Tous ces « au revoir » m’ont un peu secoué : je sens maintenant que c’est bel et bien la dernière ligne droite. Tous ces adieux à la fois ! Argh, c’est pas évident. Mais bon, je suis un garçon solide et je garderai le sourire jusqu’au bout. Afin que ce soit la dernière chose dont on se souvienne de moi ici (ah tiens, peut-être qu’à l’heure actuelle, on m’a déjà oublié hehehe).

Après un ultime « goodbye » général, nous quittons tous les deux les locaux et approchons de l’arrêt de bus. Il n’y a pas de temps à perdre pour moi : il est presque 13h et j’ai encore beaucoup de choses à faire d’ici ce soir ! Le vent est réfrigérant à cet arrêt de bus. Il est temps pour moi de ressortir le bonnet que j’ai acheté à New York et dont je ne me sépare plus. Hein ? Quoi ? Mais… où est-il ? Il n’est pas des poches ! Ah, peut-être dans mon sac. Non. Ni dans ma veste. Merde ! J’ai dû l’oublier dans le call-centre !
Je rebrousse ainsi chemin en 4ème vitesse et tombe sur Laurie sur le floor : elle me dit qu’elle n’a vu aucun bonnet mais qu’elle me le rapportera sans faute si quelqu’un le trouve. Mais maintenant que j’y pense, je ne me souviens pas l’avoir avec moi à mon arrivée. De retour auprès de Julien (et après avoir raté le bus qui passe toutes les 20 min… ça y est : la poisse arrive), ce dernier me confirme la même chose. La dernière fois qu’il m’a vu avec ce bonnet, c’était à la patinoire la veille au soir. MERDE ! Qu’ai-je pu bien en faire ???? Je suis sûr de l’avoir sur la tête ce matin pour aller au tribunal et… … … bah voilà, je l’ai soit égaré dans le bus soit dans le tribunal. ARGHHHH NOOOOOON ! Je l’aimais beaucoup ce bonnet ! Il n’avait même pas une semaine ! Et il est trop tard pour retourner au tribunal. Je vais devoir mettre une croix dessus.

Putain de sale journée : après tous ces adieux, je dois aussi oublier mon cher bonnet des Yankies ! Au lieu de poireauter 20 minutes pour le prochain bus, Julien et moi optons pour marcher jusqu’à York Mills et prendre un autre bus qui va nous ramener jusqu’au métro. De là, direction Bloor & Yonge où je vais devoir manger à toute allure ! Julien a également faim et nous allons manger une dernière fois tous les deux dans un fast-food de Toronto.

Je réalise alors durant ce repas l’importance qu’aura eu Julien durant ce voyage d’un an. Plus qu’un pays et une culture, nous avons partagé de nombreuses choses sur Toronto ! Dire qu’en préparant mon voyage en décembre 2006, j’avais commencé à discuter avec un Breton qui comptait partir le même jour que moi dans la même ville ! On s’était alors souhaité une bonne expérience… sans se douter que nos chemins se croiseraient ! Après une rencontre dans les soirées PVTistes entre français, nous avons obtenu le même job à un jour d’intervalle (merci Ludivine pour cela : la fille qui a fait passé l’annonce du call-centre est finalement devenue une amie très chère). Binômes de travail : nous avons appris les mêmes programmes, partagé le même emploi du temps (même de nuit en Avril), les mêmes pauses à midi. Puis les vies personnelles se sont enrichies : j’ai rencontré son coloc, Cyril et nous avons partagé les mêmes amis. Vint ensuite les soirées en boîte et les sorties communes… Pour finir par un voyage à New York et un sublime jour de l’an. Bref, je n’ai jamais été aussi proche de quiconque durant cette année que Julien. Je suis ravi de l’avoir rencontré et de le compter dans mon cercle d’amis intimes.
Je sais qu’on va indubitablement se perdre de vue une fois en France : lui en Bretagne et moi, je ne sais où… Je rentre demain et Cyril et lui (ainsi que Fabienne) retournent en France le 20 Janvier. Mais j’espère vraiment que nous garderons un contact fréquent et que nos chemins se recroiseront… en France… ou ailleurs !

A la fin du repas, nous allons nous séparer pour vaquer à nos occupations réciproques. De toute façon, nous nous revoyons le soir même. Pour ma part, je dois maintenant passer à ma banque sur Spadina Ave. Il est temps de clôturer mon compte. Cela sera assez rapide. On me demande ce que je veux faire de l’argent : le transférer en France ? Le transformer en traveler checks ? Humm, qu’est-ce qui coûte le moins cher ? Je vais finalement opter pour un chèque de la banque ; chèque qu’il me faudra déposer moi-même à ma banque française : cela semble coûter moins cher qu’un transfert mais cela sera plus long à réaliser (les banques doivent vérifier l’origine du chèque et sa crédibilité). Je suis assez content de repartir avec un peu d’argent de Toronto : j’ai connu quelques périodes de galère au début (sans job, il me restait à peine $400 sur mon compte !) et les premiers mois à travailler dans le call-centre ne m’ont pas permis de retrouver une santé financière rapidement (disons que le salaire n’était pas parmi les plus hauts de Toronto, loin de là !).
Et quand je réalise tout ce que j’ai fait en un an, tous les voyages, toutes les choses que j’ai achetées (ça aurait pu être pire) et la bouffe que j’ai cuisinée, je me dis que repartir avec un peu d’argent, c’est pas mal du tout ! Une bonne gestion de mes comptes ! Héhéhé. Il ne faut pas par contre que je perde ce chèque !

Bon, j’ai rendu ma carte de crédit/débit et fermé mon compte. Il est temps de rendre visite à H&R Block pour préparer mes impôts. Je dis au revoir à Spadina Ave, la toute première avenue découverte sur Toronto. Ma première rencontre avec cette ville… et le siège de nombreuses soirées chez Pépé et Raph l’été dernier ! Je prends mon streetcar pour remonter à Spadina et Bloor. Me voilà maintenant devant le H&R Block (société spécialisée dans les impôts).

L’agent qui me reçoit n’est pas celui de la dernière fois : je dois donc lui réexpliquer mon cas depuis le début : je vais rentrer en France mais j’aimerais payer mes impôts canadiens (histoire de récupérer de l’argent injustement trop versé). Je lui apporte comme promis les attestations de logements (les papiers que j’ai fait signés à Chandra et à Josh, la veille) ainsi que ma dernière paye. Le mec m’explique qu’on ne peut pas constituer le dossier sans avoir le formulaire T4. C’est un document distribué en Février par toutes les entreprises. Impossible de l’avoir un mois en avance.

Bon, tant pis. C’est dommage car je ne pourrai pas non plus remplir mon dossier à distance car H&R Block aura besoin de ma signature. La seule solution que le commercial me propose est de passer par une des agences localisées en France. OK, parfait. Je quitte donc les lieux sans ignorer la découverte des prochaines semaines, une fois rentré : il n’y a PAS d’agence H&R en France ! Quel con ce type ! Je le retiens !

Je décide qu’il est temps de rentrer à mon ancien « chez moi », histoire de finaliser définitivement mes valises (oui je sais, « finaliser » se fait généralement en une seule fois… pas chez moi ! :p ). L’occasion de dire au revoir (ou « adieu » c’est au choix) à mes anciens colocataires. Je vais donc leur rendre visite un par un dans leur chambre et leur transmets mes coordonnées au passage. Même si l’esprit coloc était beaucoup développé qu’à Paris ou qu’avec mes anciens colocs irlandais (et Alex), je réalise que je m’étais attaché à ces 4 personnes avec lesquelles je partageais ce toit. Nous ne sommes jamais sortis pour prendre un café et je ne les ai jamais vus tous ensemble en même temps dans la même pièce, chacun avait sa propre vie. Mais au moins, tout se passait bien ! Pas de coloc turc psychologiquement instable pour foutre la merde !

Cela me fait tout drôle de voir que toutes mes affaires sont prêtes et tiennent dans deux grosses valises. La bouffe a disparu chez Sandro et mes placards sont désormais vides. Seuls persistent une couette et des oreillers que je donnerai à Denise.

La fin d’après-midi approche et il est temps pour moi de retourner chez l’ami italien et de me préparer à ma soirée. Je repasserai demain pour un ultime au revoir aux colocs qui seront présents. Je quitte la maison et repars en direction de College St. Je retrouve Sandro chez lui qui s’est occupé toute la journée avec cette histoire d’avocat. Je ne sais pas trop la tournure que ça va prendre : il part d’un cas relativement bénin qui va s’étaler dans le temps… Je vois que l’administration juridique canadienne rappelle celle en France sur bien des points.

Il est temps pour moi de me préparer pour ma dernière soirée sur Toronto. J’en tremble rien que d’y penser. J’espère que ce soir ne sera pas trop difficile pour tout le monde. Pendant que je me m’habille, Sandro m’interpelle, surpris que je parle de resto. « Bah oui, tu ne te souviens pas ? J’en ai parlé ce matin dans le bus. Je t’ai dit que plusieurs amis ont organisé le duo Resto – Apéro au Madison et que j’ai demandé à te compter parmi les gens qui iront au resto comme on en avait convenu ! ».

Je ne saurai jamais ce qu’il s’est passé : est-ce qu’on s’est mal compris dès le début ? Je ne sais pas. Mais Sandro m’annonce qu’il avait déjà prévu quelque chose ce soir. Rien de bien long mais qui compromet clairement sa présence au resto. Bon, c’est sûr, je suis déçu même si je ne le montrerai pas : je répondrai simplement « Ah…OK. Bah, c’est comme tu veux. Je ne force personne ». J’espère toutefois qu’il viendra plus tard dans la soirée au Madison car j’aimerais vraiment passer cette dernière nuit avec tous mes amis de Toronto. C’est peut-être trop demandé ou égoïste mais c’est comme ça.

Sandro m’explique également qu’un soi-disant ami habitant à quelques heures au Nord de Toronto va passer le WE ici, chez lui. Il arrive demain, samedi, et repart dimanche ou lundi. Jusque là, rien de bien grave… Mais je réalise alors que Sandro sera probablement occupé toute l’après-midi avec son pote à visiter la ville ou boire quelques verres dans un bar tandis que je serai à l’aéroport à vivre un départ plus que difficile.

Initialement, je souhaitais que personne ne m’accompagne à l’aéroport. J’imagine que le départ est moins dur lorsqu’on n’a aucune raison de se retourner pour dire au revoir et qu’on franchit la salle d’embarquement. Certains m’ont dit qu’ils viendraient quoi qu’il en soit et j’ai finalement accepté sans jamais forcer personne. Si vous ne voulez/pouvez pas venir, c’est pas grave du tout !!!!!

Mais avec Sandro, c’est différent : j’ai cette sale impression qu’une fois parti, je serai vite « remplacé » dans son cercle d’amis. Et je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite, à savoir ce week-end ! Imaginer qu’il s’amuse comme un fou pendant 2 jours alors que je vivrai des moments douloureux, oui, ça me gêne un peu. Ce qui me fait le plus chier, c’est que de tous les week-ends possibles, il ait convenu avec son pote de l’héberger demain ! Et j’imagine mal un gars que je ne connais pas passer tout son samedi après-midi avec moi voire à m’accompagner à l’aéroport (l’A/R prend beaucoup de temps en métro) ! :)

Mais là, encore, je ne dis rien et ne montre rien face à Sandro : après tout, il fait ce qu’il veut et tout ça ne me regarde pas. Je trouve juste ça dommage. Je vais continuer à me préparer pour le resto tandis qu’il fera de même pour son RDV (un rencard, une visite de sa sœur ? aucune idée). Puis une fois prêt, je vais tuer le temps, allongé sur le lit (pour rappel, il s’agit d’un loft… c'est-à-dire que chambre et salon sont une seule et même pièce) : wouah, c’est fou comme je suis fatigué ! Je n’ai pas beaucoup dormi ces deux dernières semaines et le fait d’être allongé et de regarder le plafond me fait comprendre à quel point je suis exténué physiquement et mentalement.
Je pense alors : « Allez, un petit effort, c’est bientôt fini ! Tiens bon encore jusqu’à demain et tu pourras dormir (et déprimer ?) autant que tu veux ».

J’échapperai de justesse au sommeil à cause d’un son provenant de la porte : quelqu’un a frappé. Je regarde Sandro : « tu attends quelqu’un ? ». Il me répond « Non » et semble aussi surpris que moi. Il ouvre la porte et surgit… un gros chien noir !

?!?

Le chien court de partout ! Je me relève complètement alerte : un gars entre alors dans la pièce et commence à discuter avec Sandro. Il s’agit de Steve, le fameux pote du week-end !!!!! Je me retourne alors vers Sandro : « Euuuuh, tu ne m’avais pas dit que ce fameux week-end commençait demain ? ».
Et je découvre le malentendu : Steve a compris qu’il pouvait se faire héberger à partir du vendredi soir jusqu’au dimanche ou lundi. Le regard de Sandro me fait comprendre qu’il ne l’entendait pas de cette façon. Il ne sait pas quoi faire de cet « intrus » involontaire. Steve sent qu’il a fait une connerie et devient alors gêné de la confusion.

Bon, tant pis : il va quand même rester là ce soir. On ne va pas le foutre à la porte. Toutefois, pour augmenter le malentendu, il n’avait absolument pas précisé qu’il venait avec un gros chien noir qui a déjà pissé 3 fois sur la moquette en 2 minutes ! Et quand je dis « gros chien », je pèse mes mots : il ressemble pas moins à un chien des Pyrénées (avez-vous vu Belle et Sébastien ?) !!!!!!!!!
Ce chien est magnifique mais immense ! Il en fait même peur aux chiens habitant les lieux. Pourtant, il a l’air tout inoffensif… mis à part qu’il pisse, bave et chie sans pouvoir rester en place dans ce petit appartement !

Je ne peux m’empêcher de penser que tout ça, « c’est bien fait pour Sandro ! ». Je sais, c’est pas bien. Mais j’aime l’idée que cet hébergement inattendu le prenne au dépourvu.
Quant à moi, intérieurement, je commence à bouillir : rien ne se passe comme je l’avais prévu ! D’abord, le resto tombe à l’eau pour Sandro, puis arrive le pote qui va probablement modifier mon samedi planifié et maintenant également mon vendredi soir (resto et bar). Pourtant, Steve a l’air plutôt sympathique. Il doit lui aussi avoir 25 ans et ressemble à un Canadien normal (j’entends par là, sans excentricité).

Subitement, je décide que je suis de trop et explique à Sandro que je m’en vais pour le resto (bon, le resto ne commence que dans une heure et demi mais tant pis). Son RDV est imminent : trop tard pour l’annuler et il est hors de question pour moi de tenir compagnie à Steve en guise de bonne poire ! Pas ce soir ! C’est mon dernier soir et je veux le partager avec les gens que j’aime et pas spécialement avec des inconnus que je ne reverrai jamais.

Je quitte l’appart en les invitant tous les deux au Madison à partir de 22h.
Une fois dehors, il me reste du temps avant de retrouver les français pour le resto. Je réalise alors qu’en deux jours, il n’y a plus qu’un seul « endroit clef » de Toronto que je n’ai pas revu : le port et sa baie. J’entends par « endroit clef », ces lieux chargés d’une histoire, simple ou récurrente. Ces lieux qu’on visite pour la 1ère fois dans une ville, ces lieux qui nous marquent, ces lieux synonymes de rencontres et de plaisir. J’ai pu passer à mon travail, à Yonge et Bloor, aux Beaches, à Spadina Ave. Je veux maintenant revoir le port une dernière fois !

Je prends alors mon métro et sors à King St. Je continue à pied, marchant seul dans la nuit froide de Toronto. Je suis complètement perdu dans mes pensées. Je ressens cette fatigue de plus en plus forte. Je ne réalise pas tout de suite que la foule autour de moi se dirige vers le stade pour le match de NBA. J’y passerai rapidement afin d’accéder à la boutique souvenirs… le bref espoir de remplacer mon joli bonnet tout neuf et déjà perdu. Raté ! Quelle journée de merde quand j’y pense. Je déteste les dernières fois.

Je marche encore et parviens finalement devant le lac Ontario. Tout est calme et mis à part quelques passants au lointain, me voilà seul, à écouter le bruit de l’eau pas complètement gelée. Je vais marcher silencieusement pour ensuite me retourner vers ces buildings éclairés et plein de vie. Demain, à cette heure-ci, je serai dans l’avion… Ces buildings sont magnifiques. Pourquoi est-ce que je pars ? J’adore cette lumière émanant du DownTown. Pourquoi faut-il toujours attendre la fin pour réellement savourer les choses ? Pourquoi n’ai-je jamais savouré ces lumières plus tôt ? Pourquoi les départs sont si douloureux ? Pourquoi la pire partie du voyage est toujours la dernière ?

Le vent est glacial et me fouette le visage. Il est tellement froid que j’en ai les larmes aux yeux… Mais est-ce vraiment la faute du vent ? Pourquoi une telle chanson triste dans ma tête ? Pourquoi je ne me suis jamais senti aussi seul que ce soir, à ce moment présent ?

Je regarde ma montre : l’heure du resto approche et je décide de rentrer. Je vais remonter jusqu’à Union Station et quitter le métro à hauteur du Eaton Centre. J’y retrouve Denise, Laurie et Fabienne. Leur présence et la gaieté qu’on peut parfois lire sur leur visage me réchauffent le cœur et me font oublier cette espèce de « bad trip » au port. Nous sommes dans une galerie marchande souterraine, face à un restaurant dont j’ai oublié le nom. Ça a l’air très chic. Mais nous devons attendre Julien et Cyril avant d’entrer.

Je profite de ce temps d’attente pour offrir à Denise mon cadeau de Noël. Oui je sais, je suis à la bourre mais avec New York, on a un peu laissé tout ça de côté. Elle semble heureuse de mes cadeaux : un calendrier 2008 de stripteaseurs et une figurine représentant une symbolique de l’amitié. Puis Julien et Cyril arrivent et nous prenons place au resto. Ce repas sera bien mieux que ce à quoi je m’attendais : au lieu de nous attrister sur mon départ, nous allons profiter d’un délicieux repas comme si nous nous revoyions le soir suivant. Un repas empli de légèreté, de rires et de plaisanteries. Je me surprends même à agir comme si de rien n’était : comme si la fatigue et la tristesse n’existaient plus. Un repas comme on en fait si souvent avec ses amis. Mon seul regret sera que Sandro ne soit pas des nôtres. Je réalise à quel point son amitié m’est aussi précieuse que celles de Denise ou des autres français. J’aurai voulu qu’il soit là à plaisanter avec nous.

Après un si bon moment passé tous ensemble, il est temps de payer et de se préparer à aller au Madison. Mais là, à ma grande surprise, tous me regardent et Denise me tend un sac : à l’intérieur, un cadeau. Je les regarde et leur dis qu’il ne fallait vraiment pas. Je découvre alors un calendrier 2008 de Toronto… Héhéhé : j’avais crié tellement haut et fort que je ne trouvais pas de poster de Toronto en guise de souvenir : je suis étonné qu’ils s’en soient souvenus et qu’ils aient trouvé un substitut ! Sans compter sur quelques conneries supplémentaires dans le sac. Je les remercie et on me répond que ça n’est pas tout : je les regarde curieusement et ils ont tous un immense sourire aux lèvres. Le genre de sourire qui tient lieu de suspense.

Là, on me tend alors un petit boîtier enveloppé dans un sachet rouge de qualité : je l’ouvre délicatement et découvre……… une gourmette ! Une gourmette à mon nom. Une gourmette offerte par tous ces gens que j’aime tant. Une gourmette pour ne pas les oublier une fois en France ! Pffff, comment pourrais-je vous oublier ? Tout simplement impossible !
Dire que je suis touché et sans voix serait un piètre euphémisme, irrespectueux envers le cadeau et la situation. Je ne m’y attendais tout simplement pas ! Je les remercie mille fois. C’est parfait ! C’est touchant. C’est incroyable. Vous allez tous me manquer énormément. Je vous aime.

La séquence émotion sera abrégée par la venue d’Aurélia et Nicole, les deux amies de Denise qui nous rejoignent, prêtes à nous accompagner au Madison. Je suis surpris et heureux qu’elles aient pu venir. Les connaissant un peu, je sais qu’elles auraient pu avoir mille projets pour ce soir mais elles ont décidé de venir à ma soirée d’adieu. Inutile de préciser à quel point ça me fait plaisir.

Il me paraît maintenant loin le moment de frustration chez Sandro ou de tristesse sur le port. Rien ne compte plus vraiment que de passer un bon moment avec mes amis. Que dis-je ? LE MEILLEUR MOMENT !!!!! Allez, c’est parti pour le Madison !

Nous empruntons le métro jusqu’à Spadina Stn et marchons un peu jusqu’à l’entrée du bar. Curieusement et pour la première fois, personne ne nous demandera notre carte d’identité. Nous entrons dans ces lieux, bien au chaud et essayons de nous frayer un chemin au milieu de la foule. Comme ce bar est immense (plusieurs étages et réparti sur 2 grandes maisons), il ne faut pas nous perdre : nous avançons prudemment de salle en salle à la recherche d’un petit coin, d’une table et de quelques chaises pour accueillir une petite dizaine de personnes. Humm, pas facile. Nous allons nous poser le long d’un mur en réfléchissant à un meilleur endroit pour boire un coup. Je décide de partir en reconnaissance avec Aurélia et nous disparaissons très vite dans cette immense fourmilière de jeunes et de moins jeunes.
Nous allons alors découvrir quelque chose qui m’avait échappé jusqu’à présent, malgré nos habituelles soirées dans ce bar : un quatrième étage !!!! Il semblerait d’ailleurs qu’il soit méconnu de beaucoup car il n’existe qu’un seul passage et l’ambiance y est beaucoup calme : de nombreux fauteuils et tables sont inoccupées. Cooool !

Je redescends jusqu’à la grande salle tandis qu’Aurélia réserve nos places et je reviendrai quelques minutes plus tard avec toute la petite troupe. A notre disposition : 3 tables avec des fauteuils fixés au sol. C’est sûr : personne ne viendra nous voler nos places tant que l’un d’entre nous restera assis !
Nous commandons à boire et la soirée va se dérouler le plus naturellement du monde : de la même façon qu’au resto, nous allons papoter, plaisanter et prendre beaucoup de photos. Plusieurs voudront même m’offrir une bière, ce qui est sympa… mais au bout de plusieurs offres, je refuserai afin d’éviter la grosse gueule de bois que me procure la bière les lendemains de beuverie. La soirée avance et plusieurs personnes nous rejoignent à mon plus grand plaisir : Thibaud et Clément pour commencer puis Chris W et sa copine (un bon ami canadien du call-centre) : je suis très flatté de la venue de ces derniers : ici, beaucoup ont tendance à parler plus qu’ils n’agissent. « Ouais, ouais, je viendrai ce soir, pas de souci ! » et finalement non. Je suis vraiment touché que Chris W soit venu. Je ne l’avais pas revu depuis son anniversaire en décembre car j’avais démissionné par la suite. Je suis très heureux de pouvoir le voir une dernière fois avant mon départ ! L’un des Canadiens les plus agréables que j’ai pu rencontrer.

Mais la liste des participants pour ma dernière soirée n’est pas complète : au milieu de la soirée, je vais recevoir un appel téléphonique : Sandro attend à l’entrée du bar et à la vue de la foule, il voudrait que je le guide jusqu’à nos tables.     Je m’absente alors brièvement, descends les 4 étages et vient l’accueillir, lui et Steve au dehors du bar. Je suis content qu’il soit finalement venu (même s’il n’aime pas trop ce bar).

Nous remontons jusqu’à notre QG où les bières coulent à flot et tout le monde semble s’amuser. Je perçois très légèrement une constante attention sur moi… comme si ces amis murmuraient autour de moi « tu vois, c’est lui qui s’en va ». Cela sera l’occasion de se faire des « hugs » (comme c’est la mode en Amérique du Nord) et de se promettre qu’on se reverra tôt ou tard. Concernant les français, je ne me fais aucun souci : ça ne fait aucun doute qu’on se reverra prochainement. Quant aux Canadiens, humm, ça sera peut-être plus difficile mais si chacun est prêt à prendre soin du fil de l’amitié, alors ce fil tiendra bon au-delà de la distance.

La musique bat son plein et certains commencent à danser et à bouger tout autour des tables. D’autres bières arrivent encore et encore. Je mets un point d’honneur à discuter avec tout le monde et n’oublier personne.

Cette soirée sera vraiment inoubliable : j’aurai aimé qu’elle ne s’arrête jamais. OK, c’était une soirée telle qu’on en a fait des centaines mais comme c’était ma dernière à Toronto, elle sera gravée dans ma mémoire.
Evidemment, cette soirée aura une fin. Sans surprise, des larmes vont être coulées (mais pas les miennes… je tiendrai bon). Mais cela ne durera pas longtemps, je saurai calmer les personnes concernées.

Peu à peu, le bar se vide et la fermeture approche. Oh merde, je ne veux plus partir d’ici ! Je veux rester dans ce bar pour toujours ! Les videurs ne l’entendent pas ainsi et nous partirons avant de déclencher leur colère. Nous voilà ainsi dehors et je vais ainsi me séparer de certains pour un bon moment (pour d’autres, je les verrai demain). On se dit chaleureusement au revoir et certaines personnes viendront me dire des choses tellement belles qu’il sera une vraie prouesse de ne pas verser une petite larme. Vraiment, j’ai été profondément touché par ce qu’on m’a dit… surtout lorsque je sais que ces personnes le pensent vraiment. Je fais notamment allusion à Denise mais également à Nicole qui m’a témoigné, les yeux dans les yeux, l’une des plus belles choses qu’on ne m’ait jamais dites !

Les adieux seront assez sobres et ne verseront toutefois pas dans le mélo (enfin, pas trop). Je regarde les gens partir petit à petit et j’avoue que ça ne sera pas facile malgré une bonne humeur apparente. Plusieurs personnes resteront encore un dernier moment avec moi : Sandro et Steve (euh ben parce que je rentre avec eux lol) ainsi que Denise, Nicole et Aurélia : en effet, je dois passer brièvement à mon ancienne demeure pour donner ma couette et quelques bricoles à Denise (comme promis). Nous marcherons 2 minutes jusqu’à chez moi, j’entrerai incognito et ressortirai avec les bras chargés : « Tiens Denise, tout ça, c’est pour toi, cadeau ! ». Je pense qu’elle n’aura pas froid avec cette couette que m’avait donné Ben en septembre. Héhéhé : c’est à moi de la transmettre à mon tour.

Puis je me sépare du trio de filles qui me disent encore au revoir chaleureusement et je vois ma pauvr’ petite Denise partir toute triste. :(
Quant à Sandro et Steve, ils n’attendent que moi pour aller choper un taxi. Ils m’expliquent qu’ils ont passé une bonne soirée. Moi, sous l’effet de l’émotion, je ne suis pas vraiment concentré et répond évasivement. Sandro siffle un taxi et nous montons tous les trois dedans jusqu’à College St.
Nous entrons dans le loft de Sandro et commençons à papoter un peu. Mais cela ne durera pas longtemps car mes yeux se ferment tout seul. Il est plus de 3h30 du matin et je réalise à quel point la journée a été longue : le lever aux lueurs du jour pour aller au tribunal me paraît si loin ! J’ai accumulé tellement de fatigue depuis plus de 2 semaines… cette journée de plus de 20 heures ne fait que m’achever. J’annonce alors aux deux collègues que je vais aller me coucher.
A cause de l’arrivée de Steve un jour trop tôt, nous ne savons pas trop comment nous organiser au niveau des lits. Finalement, Sandro opte pour que je prenne son lit confortable tandis que lui et Steve prendront le canapé clic-clac. De toute façon, cela ne change pas grand-chose vu que les deux sont dans la même pièce : nous allons devoir supporter tous les trois le bruits des 3 chiens et de la perpétuelle ventilation d’air.

Un bref passage à la salle de bains et me voilà prêt à dormir : Sandro et Steve souhaitent papoter un peu plus longtemps dans le coin « salon » de la pièce et je leur souhaite bonne nuit. Steve viendra alors me faire un hug en me disant « Je ne te connais pas mais à la vue de cette soirée et de tous ces gens qui sont tristes que tu rentres, j’ai senti que tu étais quelqu’un de bien et je suis content de t’avoir rencontré ». Ouh ben ça, je ne m’y attendais pas ! C’est très gentil, merci.
Pour avoir un peu discuté avec lui au Madison, j’ai également senti que Steve était un garçon gentil (tout droit sorti de sa campagne… comme moi lol) et amical.

Je vais finalement m’allonger en essayant de trouver le sommeil. Mais comme c’était prévisible, impossible de fermer les yeux. La fatigue est là mais je n’arrive pas à croire que je prends l’avion demain dans l’après-midi. Je me relève plusieurs fois pour aller aux toilettes (maudite bière qui me fout la gerbe). Je n’arrive pas à dormir.

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En fait, à partir de là, tout va déraper. C’est à ce moment là de la soirée qu’il va arriver un « incident » entre Sandro et moi. Une espèce d’ « altercation ». Quelque chose d’assez grave. C’est fou comme les choses qui tournaient très bien durant la soirée peuvent virer d’un coup au grand n’importe quoi ! C’est surréaliste ! On passe dans la 4ème dimension !

Je ne sais pas trop comment raconter ce qu’il s’est passé. Comment expliquer avec suffisamment de détails les raisons du pourquoi sans nuire à quiconque ?

Comment raconter clairement le pourquoi du comment ? Je ne sais pas. Est-ce que j’en ai envie ? Pas si sûr ? Est-ce que j’ai compris ce qu’il s’est passé ? Probablement pas. Alors je vais faire une grooooosse ellipse des 20-30 minutes suivantes, si les lecteurs détestent ça. Désolé.

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Je ne dors pas. Impossible à vrai dire. Et il vient de se passer quelque chose dans ma tête. Un court-circuit, un bug, je ne sais pas. En l’espace de quelques instants, je réalise que l’amitié avec Sandro est en péril. On peut facilement blesser quelqu’un avec des mots. Sandro aura fait pire : ça n’est pas une simple blessure, c’est bien plus grave. J’ai l’impression d’avoir reçu un coup de poignard dans le dos. Il y a des choses qui ne se font et qui ne se disent pas… surtout lorsqu’on est pas prêt de se revoir avant un bon moment ! Surtout quand je ne suis pas en état de bien le prendre. Je ne devrais peut-être pas voir les choses avec autant de gravité et de sérieux… Mais là, franchement, ça n’est pas le bon jour ! Y’a tout de même des choses dans la vie qui ne se font/disent pas !

Est-ce qu’on s’est mal compris dès le début de la journée ? Est-ce que le malentendu qui a éclaté en début de soirée a persisté ? Est-ce que c’est par jeu ? Aucune idée. Pourquoi cette haine et cette profonde déception m’envahissent subitement ? Comment en sommes-nous arrivés là ?

Oh putain, moi qui pensais que j’arriverais à supporter jusqu’au bout tout le stress, la pression et la fatigue accumulés depuis des semaines (j’ai dû vous saouler quand je disais dans chaque article que je comptais les jours avec appréhension), je me suis lourdement trompé. Je n’ai pas craqué ni au resto ni au bar. Je pensais que je tiendrai bon jusqu’à mettre un pied à Paris… J’avais tort : je le sens, je n’arrive plus à tenir. Je crois que la soirée d’adieu m’a plus chamboulé que je ne le pensais. Mais pire que ça, c’est cet « incident » (il n’y a pas d’autre mot) avec Sandro qui me déstabilise le plus. Est-ce que j’en fais trop ? Est-ce légitime de mal le prendre ? Ai-je eu raison de passer autant de temps avec lui et à l’inclure dans mon cercle d’amis ? Pourquoi se prendre « ça » dans les dents alors que je le considérais vraiment comme un ami ? Et voilà que j’en parle à l’imparfait maintenant ! :(

Je suis debout, je suis épuisé, l’alcool n’aide pas, bien au contraire. Je suis fatigué mais je n’ai pas sommeil. Je regarde Sandro. Je n’arrive pas à croire qu’en moins d’une demi-heure, je puisse sérieusement remettre en question une amitié que je croyais solide comme un roc. On se croirait dans un american teenage movie, je m’en rends bien compte, mais j’aurais préféré regarder des acteurs à la télé se prendre la tête plutôt que de le vivre en vrai.
Je ne me sens pas bien du tout. Je deviens alors quelqu’un de différent, c’est très difficile à expliquer cette sensation. En temps normal, je ne me serai peut-être pas comporté comme ça mais là, même moi, je ne me reconnais plus : je lui explique alors que je ne vais pas rester une seconde de plus ici. Tant pis pour moi, je vais aller dormir ailleurs. Hors de question de rester un instant de plus ici en sa présence ! Là encore, ça peut paraître très caricatural comme réaction : dans le genre cliché du gars qui claque la porte en partant, j’ai vu mieux ! Je reste paradoxalement immobile au milieu de la pièce. Je réalise que je ne peux même plus dormir dans ma précédente maison car je viens juste de donner ma couette et mes dernières affaires à Denise. J’y vais donc au bluff et explique alors à Sandro que je vais essayer de trouver un hôtel au beau milieu de la nuit (même si je ne suis pas du tout convaincu de mon taux de succès). Il me coupe alors la parole brutalement et me lance « NON ! TU RESTES ICI ! VA TE COUCHER ! ». Il a l’air lui aussi furieux mais il ne veut pas m’abandonner dans Toronto au beau milieu de la nuit. Je sens qu’il va vouloir qu’on s’explique demain matin.

Là encore, je ne me reconnais pas : il semblerait que je sois devenu une autre personne. Au lieu de riposter arguant que je fais bien ce que je veux (je réalise alors de plus en plus sérieusement que je ne vois pas trop où dormir ailleurs cette nuit à 5h du mat’), je vais alors me laisser faire et retourner me coucher.

Je craque, je le sens. Même allongé seul dans ce grand lit, je n’arrive plus à respirer. Mais par fierté (ou par faiblesse ?), je ne vais pas le montrer. Je ne vais pas montrer que ce qu’il vient de se passer depuis que nous sommes rentrés de la soirée m’a vraiment perturbé. Je me recouche mais impossible de trouver le sommeil : je tremble, je n’arrête pas de trembler. Je respire difficilement, je n’arrive plus à réfléchir normalement. C’est une espèce d’état de choc même si le terme ne correspond pas vraiment ici à sa définition clinique.

Je ne sais pas à quelle heure je finirai par trouver le sommeil : je sais seulement que je vais rester une heure comme ça dans cet état, sans cesser de trembler puisque je tomberai sur la vue de 6:00 au radio-réveil. Je vais ainsi passer la pire nuit de mon voyage ! Et c’est peu de le dire ! C’est vraiment con que la pire soit la dernière…

par Chris publié dans : Journal de bord
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Jeudi 3 janvier 2008

Encore une fois, comme tous les jours, le réveil hurle la mort : il est l’heure de se réveiller. Pffff, je commence à sentir les effets de la fatigue de plus en plus sérieusement : je me couche tous les soirs assez tard et je me lève en même temps que Sandro lorsqu’il part travailler. Ce cher italien n’a pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil : 5-6h et tout va bien pour lui ! Pour ma part, entre le voyage à New York, le réveillon et cette semaine épuisante, je sens que je ne durerai pas longtemps. Mais bon, ça n’est qu’une question de temps : en effet, du temps, j’en aurai beaucoup une fois en France pour dormir. Allez, tiens bon encore 2 jours ! Oh putain ! Plus que 2 jours !

Je rentre chez moi et continue à faire mon paquetage : soit c’est très long, soit c’est moi qui traîne les pieds car cela prend plus de temps que prévu ! Sauf qu’aujourd’hui, je vais enfin arriver à une bonne combinaison : j’ai enfin réussi à fermer mes valises et à mettre de côté ce que je veux laisser ici. Par contre, je ne préfère pas penser au problème suivant : ok, la valise ferme mais combien pèse-t-elle ? A tous les coups, je suis en surpoids ! Bah tant pis : de toute façon, je ne le saurai pas avant de peser mes valises à l’aéroport.

La mission de cette après-midi ? Il faut que je m’occupe de mes impôts ! En effet, au Canada, il est très fréquent de récupérer de l’argent lors de sa déclaration. Les salariés sont souvent prélevés à la source sans qu’on n’analyse leur situation. Pour ma part, on m’a dit que je pourrais probablement récupérer plusieurs centaines de dollars en raison de mon salaire et des loyers payés tous les mois. Concernant le travail, il me faudra attendre un formulaire délivré par le call-centre en Février. Quant au loyer, il me faut un papier prouvant que j’ai effectivement payé un certain montant pendant plusieurs mois sur Toronto. Tout est réglé avec Chandra (qui est plus ou moins mon proprio/colocataire… c’est un peu compliqué à expliquer) car elle m’a signé mon papier. Par contre, rien n’est fait avec ma précédente colocation… et l’agence H&R (entreprise qui se charge de tout ce qui touche aux impôts et à la comptabilité) la plus proche de chez moi m’a clairement expliqué que les quittances de loyer que Josh et Roxanne m’ont remises chaque mois ne sont pas acceptées par le gouvernement canadien.
ARGGHHHHHHHHHH !!!!!! Malédiction !!!!

Il ne me reste plus qu’une seule solution : je dois reprendre contact avec eux pour leur faire signer le même papier qu’avec Chandra. Un papier qui stipule que j’ai effectivement vécu dans leurs biens. Rien que de penser à reprendre contact avec eux me donne envie de gerber. Je les avais facilement oubliés : autant Josh était sympa, autant Roxane est une manipulatrice sans scrupules et cupide, prête à vendre sa mère pour quelques dollars. Et quels hypocrites ! Ma seule solution ? Jouer au même jeu : et c’est sous la couverture de paroles douces et mielleuses que j’ai écrit un email à Roxane, un peu avant Noël. Impossible de se caler un RDV jusqu’ici (euh avec mon voyage aux USA, c’est un peu de ma faute…) et de toute évidence, je pense que c’est aujourd’hui ou jamais !

Je vais alors devoir leur rendre une petite visite cette après-midi. Allez, zou, c’est parti pour East York. Avant cela, j’aimerais aller voir un lieu particulier pour la dernière fois. A coup de métro et de bus, il ne me reste que quelques centaines de mètres à parcourir. Et me voici arrivé : me voici sur les plages de Toronto, les Beaches. Un lieu vraiment spécial pour moi. D’une part, parce que c’est beau et isolé du DownTown, et d’autre part, parce qu’il est rattaché à plein de bons souvenirs : entre la balade de nuit avec Carlo et ses colocs, les feux d’artifice du jour national, la visite de Raul sur Toronto, la venue de Matthieu, Marjorie, Ben, Claire et Pascal. Sans compter les détours avant de rentrer chez moi le soir : bref, vous l’aurez compris : je suis venu ici une multitude de fois, sous tous les temps et toutes les saisons.
Toutes les saisons sauf l’hiver… enfin, jusqu’à présent ! La dernière fois date de l’automne dernier et le paysage a bien changé depuis ! Tout est complètement blanc : la neige a remplacé le sable et je suis quasiment le seul à des mètres à la ronde. Je m’approche de l’eau mais cela n’est pas facile : mes pas s’enfoncent de plus en plus dans l’épaisse couche de neige. De plus, impossible de voir clairement la délimitation entre la plage et l’eau : tout est blanc ou glacé. Je vais d’ailleurs me démerder pour glisser et perdre le contrôle sur la plaque de verglas et mettre un pied dans la neige… qui va s’enfoncer jusqu’à atteindre l’eau. OK, je crois que j’y suis arrivé ! N’avançons plus.

Il fait très froid ici et le vent me fouette le visage… enfin, ce qu’il en reste, caché derrière mon écharpe et ma capuche ! Et je reste là, debout, immobile, fixant l’horizon, sans penser à rien. Je me sens subitement apaisé : sur le moment, peu importe le départ proche ou les moments difficiles à venir, seul compte tout ce que j’ai vécu ici : et tout me revient en tête aussi clair que du cristal. Je ferme les yeux et je suis subitement en été, en T-Shirt et j’entends les gamins jouer sur la plage ou au loin, les matchs de volley. Puis, soudain, il fait nuit et les feux d’artifices éclatent : Denise et Julien ainsi que d’autres sont à côté de moi. L’instant suivant, Raul me parle des mouettes volant en rase motte et prend des photos des bateaux qui naviguent à quelques kilomètres de distance. Une respiration plus tard et je me revois prendre une photo pour Ben et Marjorie à cette endroit là, ici même.

Je réouvre les yeux et retrouve le vent et le froid : je tourne la tête vers l’Ouest et vois alors l’un des plus beaux couchers de soleil de l’année ! Derrière les lointains buildings plonge le soleil entouré un halo de lumière très orangé… le tout avec la neige pour décoration ! C’est magnifique ! Mon appareil photo est d’accord avec moi. Si le soleil se couche maintenant, cela va dire que la nuit va bientôt tomber. Je regarde une dernière fois le lac Ontario et pars triste mais apaisé.

Je dois maintenant reprendre un bus puis un streetcar pour aller chez Josh et Roxane. Arrivé vers chez eux, je leur passe un coup de fil : « Hé Josh ? Tu te souviens, dans ton email d’hier, tu m’avais proposé de passer quand je voulais ? Ça tient toujours là ? » (petite phrase de politesse uniquement car finalement, je ne lui laisserai pas le choix). Il me répond « Euhhhh, ben disons qu’euhhhh, en fait, on est assez occupé et le temps que tu arrives… disons qu’euh… ça risque d’être difficile parce que… ». OK OK, je ne suis même pas surpris ! Je lui réponds que je suis à 2 min de chez lui et que je suis prêt à signer ces papiers maintenant et il n’entendra plus parler de moi par la suite. Il accepte et 2 min plus tard, me voici à l’intérieur avec les papiers en main. Roxane n’est pas là et c’est le meilleur qui pouvait m’arriver ! Je n’ai pas du tout envie de la revoir. Josh signe mon papier avec plaisir (il faut reconnaître qu’il est de nature assez sympa… tout le contraire de sa copine) et je partirai rapidement. Nous ne nous sommes même pas souhaité la bonne année (ce qui aurait été le comble de l’hypocrisie). Je quitte la maison le cœur soulagé : ouf ! Une bonne chose de faite !

Je retourne ensuite chez Sandro pour me préparer pour la soirée. Cette fois-ci, pas de plan télé mais au contraire, une petite sortie à la patinoire ! Sandro a déjà autre chose de prévu donc il ne nous rejoindra pas. Je vais donc retrouver mes amis à l’Eaton Centre pour le point de RDV et je serai soulagé de constater qu’ils sont là (contrairement à certains qui posent des lapins… oui je sais, je n’ai pas complètement digéré l’épisode de la veille). Je rencontre Laurie, Fabienne, Julien, Cyril et même David (le coréen) et Ryan. Thibaud devrait arriver mais… ne viendra finalement pas… Quant à Denise, elle est vraiment désolée de ne pas pouvoir venir. Elle se sent coupable car elle sait que je ne serai bientôt plus là mais je la rassure : tant qu’elle peut se libérer pour demain soir… ma dernière soirée.

Nous quittons le centre commercial pour nous diriger vers l’Hôtel de Ville. Là, se trouve une grande patinoire extérieure. Je suis souvent passé devant en me disant « Un jour, avant de partir, il faudra que tu essayes ! ». Ah ben je crois que c’est le moment ou jamais !!!!! J’ai bien entendu patiné de nombreuses fois en France mais c’est bien la première fois que cela se passe à l’extérieur. Ah oui, il fait tellement froid ici qu’investir dans une patinoire extérieure est vite rentabilisé !

Nous allons passer un très bon moment tous ensemble : la patinoire n’est pas trop surpeuplée et je serai le premier à faire une chute héhéhé. Et je ne peux m’empêcher de rire à la vue de Laurie avec ces gants crocodiles ! :D Ces gants sont vraiment magiques ! Ils ont le pouvoir de faire rire les gens à eux seuls ! Ils sont tellement mignons ! :D

Après une petite heure de patinage, on décrète qu’on en a marre et qu’on veut aller manger ! Mais où aller ici, pas trop loin et pas trop cher ? Il sera vite voté le « Richtree ». Ça me permet de plaisanter avec David (on va dire que nos coups de gueule du jour de l’an sont passés) de la fois où il a vomi devant tout le monde dans ce resto ! Espérons que les serveurs ne le reconnaîtront pas héhéhé.

Nous allons passer une très bonne soirée à se faire péter le bide ! On oublie même mon départ très proche : car depuis ces derniers temps, j’ai bien senti qu’il affectait les gens autour de moi. Comme on dit, la roue tourne et après avoir vu tant de monde quitter Toronto, me voici de l’autre côté des spectateurs. Et je sens que les gens sont tristes… ce qui me réconforte un peu je dois dire (je me sens moins seul). Mais ce soir, aucune allusion à cela et les plaisanteries iront bon train. L’ambiance est détendue et c’est le principal.

Puis vient l’heure de rentrer chacun chez soi : je dis au revoir à Ryan (qui ne sera pas dispo demain soir) et souhaite une bonne nuit à tous en leur promettant une ultime soirée demain. Plutôt que de rentrer directement chez Sandro pour la nuit, je décide de faire un crochet chez mon ancien « chez moi ». Heureusement qu’il existe un double des clefs dehors pour des incrustes comme moi héhéhé. Mon passage sera rapide : je souhaite simplement emporter tout un tas de bouffe chez Sandro : mon dernier déménagement. J’ai décidé de refiler la plupart de mes trucs à lui plutôt qu’aux français qui vont eux aussi partir bientôt. Quant à Denise, elle aura elle aussi sa part demain.

Le trajet jusqu’à chez Sandro va se révéler un vrai défi avec cette immense et lourde caisse en plastique pleine de conserves, de pâtes, d’épices… Pffff quelle galère ! Combien de fois me faudra-t-il faire une pause pour reprendre mon souffle et soulager mes bras ? Je vais finalement arriver sur College St en nage !
Je frappe à la porte et Sandro m’ouvre, l’air complètement inquiet : « Bon sang mais où étais-tu passé ? Il est presque 1h du mat’ et tu m’avais dit que tu allais patiner une heure à l’Hôtel de ville ! ». Mais plus que l’inquiétude, ce sera la surprise de me voir arriver avec autant de bouffe ! Bah voilà, tout ça, c’est pour toi ! Cadeau ! En remerciement de l’hébergement !

par Chris publié dans : Journal de bord
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Mercredi 2 janvier 2008

Réveillé de bon matin par un Sandro qui doit aller travailler, je décide de me lever moi aussi. Sandro m’a proposé de me prêter ses clefs mais je préfère qu’il les conserve. J’ai encore pas mal de logistique à organiser avec mon départ… suffisamment pour m’occuper toute la journée et je n’ai pas besoin de rester tout seul chez lui à ne rien faire.
Nous quittons l’appartement et après un bref passage au Tim Hortons pour le petit dej’ à emporter, nous voici dans le métro. Comme d’habitude, je prendrai ma correspondance à Bloor et Yonge tandis que Sandro ira bosser au Nord de Toronto. Il a bien insisté sur le fait qu’il finira assez tôt aujourd’hui et que je ne dois pas hésiter à l’appeler quand j’ai terminé mes tâches de la journée. Je sens chez lui aussi une espèce de tension en rapport avec mon départ… comme si je transmettais mon stress aux autres. Je sens qu’il veut passer le maximum de temps avec moi avant mon départ et ça me touche beaucoup. C’est vraiment un gars bien ce Sandro ! Je suis content de le compter parmi mes amis les plus précieux de Toronto.

A l’heure où j’écris ces lignes, j’avoue ne plus me souvenir de ce que j’ai fait de ma journée… Mais si je ne m’en rappelle plus, c’est sûrement parce que ça n’était pas passionnant : on va dire que j’ai continué la préparation de ma valise, couplée avec des bavardages via le Net et un peu de cuisine. Puis, en fin d’après-midi, j’entends une voix inconnue d’homme dans le couloir : il s’agit de mon remplaçant qui vient d’arriver avec quelques valises. Je l’accueille (on s’était déjà rencontré lors de sa visite d’appartement) et lui souhaite la bonne année. Je vais alors lui montrer toutes les choses que je lui lègue (comme le lit ou l’absorbeur d’humidité dont il aura grandement besoin !!!).

Puis, je prendrai congé pour retourner brièvement chez Sandro poser mes affaires pour la soirée avant de repartir aussitôt, direction l’Eaton Centre. J’ai rendez-vous avec Carlo pour passer une dernière soirée et lui dire au revoir. Je ne le reverrai probablement jamais et même si on ne s’est pas beaucoup vu cette année, même je n’ai jamais été aussi proche de lui qu’avec Denise, Sandro et les autres français, c’est quelqu’un que j’apprécie et respecte beaucoup (à tort ?). Je vais attendre à l’entrée de l’Eaton Centre et arriver curieusement à l’heure. Malheureusement, Carlo est connu pour être plus en retard que moi et je vais patienter un long moment. Un très looooooong moment… à tel point que je vais me demander si on s’est bien compris via l’échange d’emails sur le lieu de RDV.
Je vais faire quelques tours rapides dehors et à l’étage inférieur… sans succès. Pourtant, je suis sûr d’avoir été très clair sur l’endroit où nous retrouver et sur l’heure.

Le temps passe, passe et repasse. Pas de Carlo à l’horizon… et comme il n’a pas de téléphone, impossible de le joindre. Je m’impatiente de plus en plus. Et après un ultime tour de vérification, j’abandonne et je rentre chez moi (enfin pas chez moi à proprement parler). J’ai patienté plus d’une heure dans les couloirs du centre commercial ! Je ne comprends vraiment pas ce qu’il s’est passé ! Le dernier email datant du jour même était « OK, pas de souci, on se retrouve à 19h30 »... Pourquoi n’est-il pas venu sachant que je vais partir dans 3 jours ? Y’a-t-il eu un problème ou un empêchement de dernière minute ? Bref, je vais rentrer chez Sandro à mi déçu et mi furieux : ce qui m’énerve le plus, c’est que j’ai demandé à tous les français de décaler la soirée patinoire prévue aujourd’hui pour la repousser à demain soir. Et je réalise alors que je vais à nouveau « perdre » une des rares soirées qu’il me reste sur Toronto. Et mes malheurs n’arrivent pas seuls : j’arrive à la porte de Sandro et réalise qu’elle est fermée. ARGHHHH ! Et merde ! Il est parti ! Et me voilà comme un con dehors sans domicile ni personne avec qui passer la soirée… Snif.

Je sors de l’immeuble et commence à marcher vers Yonge St le long des restaurants. Je me dis alors qu’il serait bon d’aller acheter quelque chose à manger… Chose assez stupide en regard de la toute la bouffe qu’il me reste à finir et dont une partie est actuellement chez Sandro. Tout en marchant le long de ces vitrines, mon attention est attirée par une silhouette à l’intérieur de ce restaurant et je m’arrête net : je reconnais ce gars au crâne rasé avec une veste en cuir, là, en train de commander à manger ! Je rentre dans le resto et retrouve Sandro, surpris de me voir ici de si bonne heure. Il devine à ma tronche que quelque chose ne s’est pas bien passé et je lui explique le problème. Puis nous retournerons passer la soirée chez lui : moi à cuisiner des pâtes tandis qu’il mangera son plat commandé. Une autre soirée télé ordinaire.

par Chris publié dans : Journal de bord
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Mardi 1 janvier 2008


Bon, ok, je sais qu’à l’heure où je rédige ces lignes, souhaiter la bonne année n’a plus beaucoup de sens… Mais bon, autant le faire quand même car quelque part, cet article est le premier de 2008 !

Je souhaite donc à tous mes lecteurs une très joyeuse année 2008 ! Voilà, ça, c’est fait !

Le premier réveil de l’année ne sera pas le meilleur : avec tout l’alcool de la veille, même si je ne me suis pas pris une « monumentale cuite », j’ai la tête un peu dans le coton… Et puis c’est quoi ces bruits de va et vient autour de moi ? Ça n’est certainement pas Sandro que j’entends encore ronfler bruyamment. J’émerge doucement avec un léger mal de crâne et je découvre Ronda et son fils qui me regardent droit dans les yeux… « Euuuuh, bonjour ».

Ronda m’explique qu’elle a nettoyé les « oublis » de l’un des chiens en essayant de ne pas nous réveiller. Mouais dommage : la moquette venait tout juste d’être nettoyée au karcher… De retour de la salle de bains, rafraîchi et habillé, je découvre que le fils de Ronda a rapporté le petit dej du Tim Hortons pour tout le monde : cafés et bagels ! Ohhh, c’est une gentille attention ! Sandro se réveillera peu de temps après et nous déjeunerons tous les quatre, discutant de tout, de rien et de nos projets pour 2008.

Puis, je réaliserai que ma chambre doit être prête pour le remplaçant et qu’il serait bon de donner un dernier coup de nettoyage. Il va également falloir s’occuper de faire les valises ! Cela va être un vrai défi de sélectionner les choses à garder et les autres à donner. Autant m’y prendre en avance et non pas le dernier soir ! Quatre jours devraient suffire !

Je dis au revoir (et adieu) à Ronda et à son fils que je ne reverrai probablement jamais et prends congé. Je reviendrai ce soir chez Sandro car, comme convenu, je vais passer mes dernières nuits chez lui, à défaut d’avoir une chambre à moi.

Un 1er Janvier sur Toronto est, je dois l’avouer, un peu triste : le temps est maussade, la neige redevient sale dans les principales rues, tout est gris et la ville semble en hibernation. Tout est très calme jusqu’au retour à ma maison. J’entre et comme je m’en doutais, Aurélia et Denise ont disparu. Cette dernière devait travailler aujourd’hui (et oui, pour avoir une double paye). Il va donc me falloir finaliser le rangement de ma chambre : rapporter mes dernières affaires personnelles au salon, avec les autres et nettoyer le sol encore une fois : ça y est : la chambre est vide et impersonnelle. Ça n’est plus la mienne à présent. On n’y trouve plus que le matelas posé à terre, un bureau et une espèce de rangement en tissu Ikea.
   
L’après-midi va passer doucement, plutôt terne et monotone comparé à la précédente journée. On va dire que c’est le retour sur terre après l’euphorie. Je sens plus que jamais que c’est la dernière ligne droite avant le départ : 4 jours. 4 jours qui vont passer à une vitesse folle. Il ne me faut rien oublier : il faut m’occuper de mon portable, de mon compte en banque, de mes futurs impôts et également de ma bouffe : faudra bien que je me débarrasse de toute cette nourriture qu’il me sera impossible de finir d’ici Samedi. En ce qui concerne mon compte en banque, je m’en occuperai vendredi. Quant à mon téléphone portable, je vais donner ma carte SIM à Laurie mais j’aimerais ramener l’appareil avec moi en France. Laurie a déjà le sien donc ça n’est pas un problème : elle a seulement besoin de la carte SIM. Toutefois, pour ramener mon téléphone en France, il me faut le débloquer ici. J’ai le choix entre payer $200 chez Fido (ouiiiiii, bien sûr ! Et pourquoi pas une gâterie tant qu’on y est ?) ou me laisser emmener par Sandro chez un marchand chinois qui débloque les téléphones pour 20 ou $30… Le choix est facile. L’ennui, c’est que le chinois n’est dispo que le WE ! Donc il faudra s’occuper de ça… le matin de mon départ !

Il me faut maintenant continuer l’empaquetage de mes valises. Et la tâche va être rude : choisir les affaires à garder (ou plutôt, choisir celles qu’on va laisser là) et optimiser l’espace au maximum : habits pliés et rangés différemment, plusieurs combinaisons à essayer… Bref, ça va vite me prendre la tête et l’après-midi va passer comme ça, là, sans surprise. Pas même l’arrivée du nouveau colocataire.

Le soir venu, je vais prendre l’élémentaire de fringues et de toilettes et repartir chez Sandro pour y passer la nuit. C’est également l’occasion d’y apporter quelques produits alimentaires : après tout, si je mange chez lui, autant utiliser ma propre bouffe au lieu de la gaspiller ! La soirée se passera tranquillement devant la télé. OK, je pourrais profiter un peu mieux de mes derniers jours mais la fatigue du Réveillon se fait encore sentir. Et je sens peu à peu que mon humeur change. Le compte à rebours est omniprésent et l’attente du départ est de plus en plus difficile. Il en vient même des fois où je souhaiterais partir tout de suite, pour ne plus avoir à affronter l’attente et me libérer l’esprit d’un seul coup. Mais cela serait synonyme de « fin de l’aventure canadienne » et je ne pense pas que ça serait mieux. Laissons faire le temps. D’ici là, occupons nous avec ce film de morts-vivants qui, ma foi, se révèle digne d’intérêt.

par Chris publié dans : Journal de bord
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Lundi 31 décembre 2007


Roooo la la, ça y est : nous sommes le dernier jour de l’année 2007 ! Mon dieu, cette année est passée si vite ! Le temps s’accélère au fur et à mesure qu’on vieillit ! Ça ne fait plus aucun doute ! Dans 3-4 ans, je vais parler comme les vieux du temps « où j’étais jeune » !

Bon, il est temps de se lever et de vivre la dernière journée de l’année jusqu’au bout ! Mais qu’en est-il du réveillon ? Qu’est-ce qui se prépare ? J’ai eu davantage d’info hier après quelques coups de fil et voici le plan de la soirée : durant le voyage à New York, Denise a essayé de trouver un club sympa et pas trop trop cher pour s’amuser comme jamais. Je crois qu’elle a réussi car elle nous a dégoté, non pas une boîte, mais un cabaret ! Avec spectacle, danse et alcool ! :D Bon, c’est sûr que tout ça avait un prix mais bon, ça n’est pas ça qui compte maintenant : profiter de mes amis canadiens jusqu’au bout est devenu LA priorité !

Nous allons donc passer le réveillon au Muzik, un cabaret au sud du DownTown (je ne sais pas vraiment où c’est à ce moment précis de la journée). Tenue correcte exigée bien entendu. Seront présents : Denise, Laurie, Fabienne, Julien et moi, auxquels s’ajoutent Aurélia et Nicole, deux adorables amies de Denise. J’ai eu l’occasion de faire plusieurs soirées avec elles et ces filles sont des crèmes (dois-je également préciser qu’elles sont SPLENDIDES ?) !
Ah oui, Cyril et David le coréen seront également de la partie après avoir demandé des places supplémentaires suite à l’annulation de leur réveillon (décidemment David, c’est la 2ème fois que tu nous fais le coup en une semaine !).

Hummmmmmmm, je ne peux pas attendre : j’ai hâte d’être à cette soirée !!!!! Mais quelque part, je redoute qu’elle ne soit pas aussi bien que ce à quoi je m’attends d’une des mes dernières soirées festives sur Toronto. Bah, nous verrons bien !
Evidemment, l’idée est d’aller à la soirée tous ensemble et pour cela, le point de RDV sera chez moi ! Attention, c’est la dernière fois que je propose une pré-soirée dans ma maison ! Car dès demain, je suis officiellement sans appart ! Mon remplaçant prendra place dans ma chambre et je me vois mal imposer des fêtes sans être colocataire !

Cette dernière pré-soirée va par ailleurs être le prétexte pour commencer à vider les nombreuses bouteilles accumulées depuis des semaines.

Bon, et d’ici là, je dois finaliser le vidage et nettoyage de ma chambre ainsi qu’aider Sandro pour son réveillon. Hier, nous avons principalement fait les courses : il reste à préparer son appart. Quand j’y pense, c’est dommage qu’il ne puisse pas faire le réveillon au cabaret avec nous. Je suis sûr qu’il adorerait ! Mais bon, vu que son jour de l’an se passe chez lui, je le vois mal prendre congé de ses invités pendant toute la nuit ! :D

L’après-midi est déjà entamée et j’ai terminé de vider ma chambre : il ne reste plus que le matelas, des draps et couette ainsi qu’un bureau qui était là avant mon arrivée. Tout le reste de mes affaires est stocké dans le salon et comme c’était prévisible, la grosse valise achetée la veille n’a pas suffi à tout stocker ! Il me faudra optimiser l’espace et le rangement d’ici les prochains jours. Pour l’instant, j’ai tout entassé en vrac en situation d’urgence.

Comme la veille, Sandro doit venir me chercher en voiture. Nous allons ramener son karcher loué pour la journée. Il mettra un bon moment pour arriver. Tout ça parce qu’il a décidé d’aller rendre l’appareil tout seul avant de venir me cueillir. J’entends une bonne série de klaxon et, comme la veille, je comprends qu’il est enfin devant la porte. Je sors et, après avoir fermé la porte, je me retourne et reste scotché. Oh putain l’enfoiré ! C’est pas possible ! :D

J’observe d’un air ahuri Sandro au volant de sa voiture… un des derniers modèles de Mini Cooper !!!! Oh l’enflure ! Il s’est souvenu de notre plaisanterie de la veille sur cette caisse ! Il a alors décidé de la louer pour le fun ! Je monte alors avec lui et c’est parti pour une petite balade mouvementée (on va dire conduite sportive lol) dans les rues du DownTown de Toronto. Je n’étais jamais monté dans une Mini, c’est excellent ! Cette voiture est géniale ! :D
Bon, j’aurai un peu honte lorsque Sandro foutra la musique Hip Hop à fond, vitres ouvertes… Un vrai cliché de lascars ! Mais finalement, on va bien rigoler !

Après moult détours (pour le fun), nous nous garons sur le parking pour rendre la voiture et allons à l’appartement de Sandro à quelques mètres de là. Il est temps de préparer la soirée du réveillon. La moquette est toute propre et il ne reste plus qu’à nettoyer et agencer les meubles et canapé avant de préparer la cuisine et les toasts. Rien de bien particulier à raconter mis à part le stress apparent de l’italien, ce qui me laissera plus de liberté sur l’agencement des choses que je ne le pensais. Je m’occuperai notamment des plats et apéritifs. Puis lorsque tout paraît prêt, je vais réaliser que 18h approche et qu’il va être temps pour moi d’aller me préparer pour mon propre réveillon.

 

Fallait bien que je leur rende hommage quelque part à ces deux adorables chiens qui passent leur temps à... pisser sur la moquette !


Je promets au passage à Sandro qu’au lieu d’utiliser le téléphone, je viendrai lui souhaiter une bonne année en personne chez lui, à la fin de ma soirée (sans trop savoir à quelle heure cette dernière se terminera… probablement sur les coups de 3 ou 4h du mat’).

Hop, je lui souhaite bonne soirée et rentre chez moi en vitesse pour me préparer. Une douche plus tard, je suis prêt à accueillir mes invités dans mon salon. Invités qui ne tarderont pas à se montrer. Nous avions voté pour partir de chez moi vers 9h pour être sûr d’arriver à l’heure pour le spectacle à 22h30. Denise et Aurélia arrivent les premières, suivies par Julien, David et Cyril. Tout le monde est sur son 31 (bah quelle coïncidence !).

Malheureusement, Denise m’annonce que Nicole n’est plus certaine de venir à la soirée (à cause d’une urgence à l’hôpital d’un de ses proches). Ah merde. Pauvre Nicole ! Et autre mauvaise nouvelle, c’est Nicole qui pouvait, via son travail, laisser entrer quelques personnes gratuitement sans places… Pratique pour David et Cyril ! Sans elle, je ne sais pas trop comment la soirée va se goupiller… Et pour couronner le tout, nous n’avons rien à manger !!!!! Bah oui, j’avais pas envie de cuisiner pour tout le monde aujourd’hui… par manque de temps et d’envie (j’avais bien prévenu : je ne m’occupe de RIEN pour le Jour de l’An après avoir géré Noël).

Je vais donc troquer l’habituel repas gourmand (foie gras, champagne et bûche au chocolat) par… des pizzas à emporter ! :D Bah ouais, c’est moyen comme repas de réveillon mais peu importe ! J’irai donc chercher une immense pizza tandis que Cyril, Julien et David iront manger asiatique et reviendront un peu plus tard chez moi. Pendant ce temps, aucune nouvelle de Fabienne et Laurie… Que font-elles ? C’est elles qui voulaient partir à 21H de chez moi et elles ne sont toujours pas là à 5 min du départ !!!!! David est en colère. Il bout. Pour une raison que j’ignore, il est de mauvaise humeur depuis le début de la soirée. Il avait déjà fait le coup pour Noël… Je ne comprends pas qu’il veuille passer le réveillon avec nous si c’est pour nous tirer la gueule dès le début ! Nous ne l’avons pas invité ! S’il ne veut pas rester avec nous, pas de souci ! David est un gars sympa et je l’aime bien… mais là, franchement, un tel manque de gaîté et un côté grincheux me font facilement sortir de mes gonds…

Finalement, Laurie et Fabienne arrivent, elles aussi très bien habillées. Il est temps de partir : nous sommes en retard d’une bonne vingtaine de minutes et nous avons un autre problème : impossible de trouver un taxi disponible ! J’apprends alors que (premièrement) le cabaret se situe à l’Exhibition Place, au Sud-Ouest relativement éloigné du DownTown et que (deuxièmement) les taxis sont débordés par cette nuit de Saint Sylvestre où personne ne prend sa voiture.

Nous approchons de Bloor St et je me rassure rapidement : les taxis sont encore présents assez facilement à cet endroit ! Hop, nous en chopons deux et nous répartissons dans chacun d’eux. Le problème dans mon taxi, c’est que personne ne connaît l’adresse exacte et le temps de décider d’intervertir quelques personnes avec l’autre taxi, ce dernier prend la fuite.
« Euuuuh peu importe l’adresse, SUIVEZ cette voiture !!!!! » :D Héhéhé, exactement comme dans les films !

Après une vingtaine de minutes, nous voici à l’Exhibition Place, l’endroit où nous étions venu fêter Halloween en octobre : un ensemble de grands complexes industriels. L’un d’entre eux a été décoré aux couleurs du réveillon (tapis rouge, gorilles en smoking, projecteurs éclairant la façade…). Nous payons le chauffeur de taxi et sortons rejoindre nos amis parmi la foule. Wouahhhh, les personnes autour de nous sont vraiment bien habillées ! Je sens alors l’excitation d’une bonne soirée à venir. Espérons que le problème relatif à Nicole va se résoudre ! Nicole a normalement dû appeler le cabaret Muzik pour demander à laisser passer ses invités : laissons Denise, Fabienne et Laurie entrer de cette manière tandis que les garçons vont user des tickets. Après tout, ces 3 filles sont incroyablement sexy (comme d’habitude héhéhé mais là, avec leur robe de réveillon, c’est hallucinant !) et n’auront aucun problème à faire les yeux doux aux videurs récalcitrants… Espérons simplement qu’ils ne soient pas tous gay et insensibles aux charmes féminins !

Nous nous séparons encore une fois : Julien, David et moi réussissons à franchir l’accueil. Quant à Cyril, il doit partir avec les filles car nous n’avons pas assez de billets.

 

Le hall d'accueil en dit long et met déjà dans l'ambiance...


Une fois à l’intérieur et après s’être débarrassé de ma veste, je regarde autour de moi : Julien et David sont à mes côtés tandis que Cyril et les filles s’approchent de nous : ça y est : tout le monde est là (enfin, sauf Nicole qui devrait arriver plus tard dans la soirée, le problème hospitalier étant résolu pour l’instant).

La salle est déjà pleine de gens et le spectacle a déjà commencé : nous nous situons dans une immense salle, digne d’un hangar, décoré de manière luxueuse. J’entends par là, lustres en cristal et draps noirs qui descendent le long des murs. L’espace par lequel nous entrons est découpé en carrés grâce aux nombreux canapés blancs. J’imagine que ce sont les espaces réservés qui doivent coûter les yeux de la tête pour la nuit du réveillon. En tout cas, les personnes assises sur ces canapés semblent bien s’amuser avec leurs bouteilles d’alcool. :)

Nous continuons à avancer dans l’allée jusqu’à atterrir devant une scène. Sur le côté, l’espace se prolonge et on y trouve quelques bars, les toilettes et beaucoup de place pour danser. Mais personne ne danse pour l’instant. Tout le monde a les yeux rivés sur la scène : un gars torse nu s’amuse avec des bâtons enflammés au rythme d’une musique entraînante. Il ne plaisante pas : son numéro force le respect. On croirait qu’il ne craint pas le chaud ! :D

Denise m’explique alors la prochaine étape : les filles sont entrées grâce à Nicole qui, via son entreprise, a accès à un accès VIP. Bien évidemment, nous, garçons, n’avons pas le droit d’y accéder. Dommage car nous allons devoir passer la soirée dans la même pièce mais pas ensemble… HEIN QUOI ? Ah non, hors de question ! C’est stupide ! On n’a pas payé la soirée si cher pour ne pas être tous ensemble ! Peu importe le luxe qui s’offre à moi, peu importe tous ces gens hyper bien habillés et classes, peu importe toutes ces filles splendides autour de moi, tout ça n’est rien si je ne peux pas passer l’une de mes dernières soirées avec mes amis ! Oui oui !

Denise me rassure : elle ne voit pas les choses autrement non plus. Ce qu’elle envisage surtout, c’est d’entrer avec les filles dans la VIP Room et y ressortir avec quelques verres d’alcool. En effet, l’alcool est gratuit et illimité là-bas (normal, c’est VIP héhéhé). En s’y prenant bien, les filles vont pouvoir aller et venir avec un ou deux verres à nous ramener, histoire de ne pas se ruiner au bar ! Et nous passerons tous la soirée dans le carré non-VIP :D

C’est parti : nous laissons les filles partir tandis que Cyril, Julien, David et moi patientons devant la scène : le cracheur de feu jongleur a terminé son spectacle et est remplacé par deux filles, chacune devant un long drap suspendu par le plafond. La musique commence et les deux filles grimpent sur leur drap jusqu’à mi-hauteur. Wouah, c’est là aussi un show très bluffant ! Elles se mettent à faire toutes sortes de cabrioles et pirouettes comme si elles étaient attachées par des câbles, le tout autour d’un pylône rigide. Non, non, il s’agit bel et bien de simples draps !

Le spectacle se termine doucement et la musique dansante reprend. La salle se remplit de plus en plus et nous attendons toujours le retour des filles. David est toujours de mauvaise humeur : je ne comprends pas pourquoi il est dans un tel état ! Il devrait être content de fêter le jour de l’An… surtout au milieu de top models ! Non vraiment, c’est incroyable : je n’ai jamais été dans une telle soirée : les filles sont sorties de ces bals de promo des films américains (encore une fois). Elles sont toutes magnifiques ! Certaines faiblement habillées et diablement sexy, d’autres avec leur plus belle robe de gala. ARGHHHHHHHHH. Quant aux gars, tous des modèles de publicité pour parfum hyper bien sapés ! De quoi se dévaloriser très vite ! :D Un peu plus et on pourrait presque se dire « Mon dieu, je suis le plus moche de la soirée… Quelle joie (sic) ! Ça va être pratique pour draguer ça ! ». Héhéhé.

Ah tiens, Fabienne et Laurie reviennent avec deux verres. Cooool, merci. Après quelques minutes avec nous, elles me font signe qu’elles doivent rejoindre Denise et Aurélia restées dans la VIP Room. Mais elles ont une idée : Julien et moi allons nous passer pour leur copain respectif. Le videur du coin VIP va les reconnaître car elles ont leur tampon sur la main : elles peuvent donc aller et venir sans souci à présent. Un peu plus tard, elles feront de même avec Cyril et David et tout le monde sera dans le carré VIP ! Plan très ingénieux !!!!!!

 


Laurie et Fabienne en très bonne compagnie... à moins que ça ne soit l'inverse :)

 

Julien et moi quittons Cyril et David en leur promettant de revenir au plus vite. On leur suggère de continuer à danser et à boire jusqu’à notre retour (euh... ça ne devrait pas poser de problème héhéhé). Je suis alors Laurie sur plusieurs mètres : nous quittons le devant de la scène et la piste de danse pour repasser dans une allée de canapés blancs. Le chemin est difficilement praticable à cause de la salle qui se remplit de plus en plus vite. Heureusement, Laurie et moi simulons très vite notre nouvelle relation et il est impossible qu’on se perde vue ! Arrivé devant le videur, Laurie lui montre le haut de sa main tamponnée. Le videur regarde ensuite le gars avec qui elle s’approche main dans la main et nous laisse finalement passer sans poser de questions ! La même chose pour Fabienne et Julien. Yeahhhhhhhhh.

 

Aurélia et Denise, splendides comme jamais !

 

Nous gravissons les quelques marches pour atterrir dans une autre série de canapés. Finalement, c’est quoi la VIP Room ? Un espace de la boîte réservé avec les mêmes canapés et bien entendu la même musique. Les seules différences ? Hummm, elles sont de taille ! Nous surplombons d’un bon mètre le reste de la salle, nous avons notre propre piste de danse pour ne pas subir les effets néfastes de la foule, nous disposons de nos propres WC et… grâce à Nicole, nous avons accès à l’un des canapés avec bottle service !!!!! C’est-à-dire : alcool gratuit et illimité toute la soirée !!!!!!!!!!!!!!!! YAHOUUUUUUUUU ! :D

Nous retrouvons Denise et Aurélia qui nous sautent au coup comme si on ne s’était pas vu depuis des semaines. Comme nous partageons les canapés de l’entreprise de Nicole (traduction : nous sommes des incrustes, des parasites héhéhé), notre espace est très limité mais nous n’allons pas nous plaindre. Nous sommes vraiment dans le coin, limite entre le rideau et le palmier, coincés dans un bon 10 m² mais au moins, nous sommes au bord de l’estrade et nous pouvons regarder l’ensemble des gens danser sur la piste traditionnelle.
Je commence à m’approcher de la table où trône une bouteille de vodka d’au moins 50-60cm de haut. Une fille splendide me regarde et me demande si je désire un verre. Oh oui bien entendu ! Surtout quand c’est si gentiment demandé ! Je remercie cette magnifique demoiselle et commence à lui parler un peu. Je lui demande un autre verre pour Laurie et commence à lui jouer un numéro de play-boy bidon dont je suis moi-même étonné. Je suis décidemment un mauvais dragueur ! Mais bon, cette fille est vraiment jolie… et incroyablement grande ! Elle est plus grande que moi. Mais elle a des yeux et un sourire parfaits ! Elle mettra vite fin à la discussion car j’ai compris qu’en tant qu’hôtesse, elle se doit de servir tous les gens autour de nous. Je vais donc m’éloigner jusqu’à retrouver mes amis.

Je reverrai souvent cette fille dans la soirée et lui glisserai quelques sourires. Rien de plus. Cette fille est tellement belle : je ne fais même pas le poids ! Aucun doute là-dessus. Et ce n’est que le lendemain que j’apprendrai par Denise qui elle était. Alors là, attention, ça n’arrive qu’une seule fois dans sa vie, Messieurs, Dames, et ça s’est passé ce soir-là : j’ai branché sans le savoir… Miss Canada 2008, candidate pour Miss Univers !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

OH BEN MERDE ALORS !!!! Heureusement que je ne l’ai su que le lendemain car sinon, je serais devenu subitement tout pâle et bégayant ! En regardant les photos de Miss Canada sur Internet, il ne fait aucun doute que c’était elle ! Je peux comparer avec les photos que j’ai prises avec mon appareil durant la soirée. Hallucinant.

Bref, revenons à la soirée : elle bat son plein et je danse comme un fou avec les filles qui m’accompagnent. L’alcool coule à flot et je ne pense plus à rien : plus rien n’est stressant, le départ pour la France oublié, les soucis loin derrière… seul compte le bonheur présent entouré de ses amis au son d’une bonne musique électronique !

Toutefois, il y a un hic : impossible de réellement m’amuser en sachant que Cyril et David sont encore coincés hors de la VIP Room, toujours à nous attendre. La fête sera parfaite seulement lorsque tout le monde sera là. Je fais part du problème à Denise qui elle aussi, n’arrive pas à réellement s’amuser sans eux. Julien m’a également compris : nous allons prendre quelques verres pour eux et les rejoindre au milieu de la piste de danse. Nous quittons tous les deux nos amis, chacun un verre à la main et retournons dans la fausse aux lions. Je m’approche du videur en lui faisant comprendre que je pars et qu’il serait sympa de se souvenir de moi. Comme je sors de l’espace VIP, il n’a aucun souci à croire que je suis une Personne Très Importante ! Et hop, un petit tampon sur la main, invitation permanente aux plaisirs de la soirée !!!!! Yeahhh, je suis libre, victoire !

Tout heureux, je retrouve Cyril et David qui s’étaient rapprochés. Je tends mon verre à David et là, c’est la grande surprise : David me regarde avec un regard menaçant, l’air furieux. Il était déjà de mauvaise humeur depuis le début de la soirée et ça ne semble pas s’être arrangé ! Il rejette le verre que j’avais demandé spécialement pour lui en me rétorquant « J’en ai rien à foutre de ton verre, garde-le, casse-toi, bla bla bla ! ». Putain, je suis sur le cul ! Je suis en train de me faire engueuler parce que ça fait 20 min que Môsieur attend qu’on revienne et Môsieur n’est pas content du tout car il ne pouvait pas rentrer dans la salle VIP.

Alors là, c’est comme si je pétais un câble subitement : c’est vraiment un comble de sa part ! Moi qui culpabilisais qu’il ne soit pas avec nous, moi qui lui ramène un verre sans aucune autre pensée que de bien faire, je suis servi ! Au lieu de me faire remercier, je me fais insulter ! Cette fois, y’en a marre : déjà pour Noël, il s’était incrusté au dernier moment CHEZ MOI et pendant des semaines, il nous parlait de son fameux réveillon qui allait tout déchirer. Finalement, cette fameuse soirée est complètement tombée à l’eau et encore une fois, il nous fait les yeux doux pour s’incruster au dernier moment à notre fête. A sa place, je la ramènerais pas trop et j’essayerais de me montrer reconnaissant ! Sans nous, il serait devant sa télé à l’heure qu’il est !

Non non, David continue à gueuler et à exprimer son mécontentement : on se moque soi-disant de lui, on le fait poireauter pendant qu’on s’amuse, etc. Le tout, sur un ton agressif.

OK, c’est bon, j’ai assez donné ! Pas envie de me faire pourrir la soirée à cause de lui. Il ne veut pas de mon verre ? Tant pis, c’est moi qui le boirai ! Je voulais t’aider et tu m’envoies chier ? Débrouille toi tout seul ! Y’en a marre d’être la bonne poire ! Je rétorque ainsi quelque chose du genre « OK, puisque c’est comme ça, je retourne m’amuser dans la VIP Room. Démerde toi ! ». Je quitte David et Cyril (ouais je sais, il n’y est pour rien mais je suis énervé).

J’apprendrai que David s’en est aussi pris à Fabienne, Laurie et Julien. Quel con, ce type ! C’est dommage car d’habitude, il est sympa et on a fait beaucoup de soirées avec lui… mais là, il est vraiment trop con !

Me revoilà dans la VIP Room et c’est comme une autre dimension : j’ai déjà oublié ce qu’il vient de se passer et je me remets à m’amuser avec les gens que j’avais laissés. La musique est entraînante, les filles surexcitées, nos verres constamment remplis. Quoi demander de plus ? Je vais encore faire quelques allées et venues entre ici et le reste du cabaret mais après tout, pourquoi se taper les bousculades de la piste de danse alors qu’on a tout l’espace voulu en VIP Room ?

De plus, on me dira plusieurs fois dans la soirée : « tiens, tu vois le gars derrière toi, c’est une star de la télé canadienne ! ». Ah ok, bah c’est cool. Mais vu que je ne le connais absolument pas, ça m’est complètement égal. Et puis pas la peine de l’emmerder alors qu’il fait lui aussi la fête avec ses amis !

Puis le passage à la nouvelle année approche… Plus qu’une dizaine de minutes. Denise, prise de culpabilité depuis le début de la soirée vis-à-vis de Cyril et David, va encore tenter quelque chose pour qu’ils puissent nous rejoindre. Perso, j’ai assez donné et je la laisse faire seule. David m’a vraiment foutu les boules ! Et par je ne sais quel hasard (ou charme), Denise reviendra avec les deux compères dans la VIP Room. David est devenu tout content, tout souriant et commence à faire la fête. Bah, c’est pas plus mal comme cela je pense. Encore cette chère Denise qui fait des merveilles.

Le compte à rebours va commencer. Tout le monde a sa coupe de champagne grâce à mes talents de pickpockets héhéhé. On se prépare en regardant l’écran géant et en remarquant l’interruption de la musique.

5… 4… 3…